La hausse des recettes pétrolières améliore la situation budgétaire d’Ottawa.
La hausse des recettes pétrolières aide la situation budgétaire d’Ottawa
(Ottawa) Le gouvernement fédéral devrait entamer la session d’automne du Parlement dans une situation budgétaire plus favorable, malgré une vague de dépenses au cours du printemps et de l’été.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé lors du premier Sommet sur l’investissement organisé par le gouvernement la semaine dernière que l’exécutif était en bonne voie pour équilibrer son budget de fonctionnement en 2027, soit un an plus tôt que prévu. « Un engagement constant en faveur de la prudence budgétaire, de la discipline et de l’efficacité des dépenses […] a permis d’avancer d’une année entière le calendrier de l’équilibre du budget de fonctionnement », a déclaré John Fragos, porte-parole du ministre des Finances François-Philippe Champagne.
Cependant, certains experts estiment que l’amélioration de la situation budgétaire est davantage attribuable à des facteurs externes qu’à la gestion des dépenses par le gouvernement. Le premier trimestre de l’exercice budgétaire fédéral a été plus positif que prévu, avec une augmentation des recettes fédérales de 10 % en glissement annuel pour la période d’avril à juin. En comparaison, la mise à jour de printemps du gouvernement anticipait une hausse des recettes d’environ 3,5 % pour l’ensemble de l’année.
Les dépenses de consommation et la bonne santé des bénéfices des entreprises ont contribué à cette hausse, tout comme les cours mondiaux du pétrole, qui se maintiennent à un niveau élevé. Ces recettes supplémentaires ont compensé les dépenses fédérales annoncées au printemps et à l’été, qui dépassent les 100 milliards de dollars pour les dix prochaines années, y compris le financement d’un projet d’oléoduc reliant l’Alberta à la Colombie-Britannique.
Randall Bartlett, économiste en chef adjoint chez Desjardins, a noté que ces deux forces opposées devraient maintenir la trajectoire du déficit relativement stable. Elles pourraient également réduire le ratio dette/PIB lorsque le gouvernement publiera son budget d’automne.
Une nouvelle me fiscale, la Mégadéduction à la productivité, annoncée lors du Sommet, devrait alourdir le déficit fédéral de 36 milliards sur cinq ans. Des critiques ont été émises concernant les définitions floues des dépenses d’investissement et de fonctionnement par le gouvernement, avec des doutes sur la rigueur de leur gestion budgétaire.
Sahir Khan, vice-président exécutif de l’Institut des finances publiques et de la démocratie de l’Université d’Ottawa, a souligné que la hausse des recettes fiscales a joué un rôle important dans l’amélioration de la situation budgétaire. Il a également noté que la préférence du gouvernement Carney pour les dépenses d’investissement marque un changement par rapport à l’approche de l’ancien premier ministre Justin Trudeau.
M. Khan a ajouté que, bien que le gouvernement doive surveiller de près son déficit, emprunter pour financer des investissements peut générer des retombées économiques à long terme. Toutefois, Randall Bartlett a averti que les efforts d’Ottawa pour relancer l’économie canadienne dépendront en grande partie de la clarification de la situation commerciale avec les États-Unis.
Source : La Presse Canadienne
