L’abstention de la France à l’ONU lors du vote d’une résolution sur l’esclavage indigne des élus d’outre-mer

Abstention de la France à l’ONU : Un signal incompréhensible pour les élus d’outre-mer

Le 27 mars 2026, plusieurs parlementaires de Guadeloupe, Martinique et Guyane ont exprimé leur mécontentement face à l’abstention de la France lors du vote d’une résolution aux Nations Unies (ONU) qui reconnaît l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ». Cette résolution, soutenue par l’Union africaine et présentée par le Ghana, a été adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions, dont celles de plusieurs États membres de l’Union européenne.

Béatrice Bellay, députée socialiste de Martinique, a dénoncé cette abstention comme un « signal profondément incompréhensible », en contradiction avec l’histoire législative de la France, qui a été le premier pays à reconnaître ces crimes par la loi Taubira en 2001. Elle a souligné que le texte adopté ne crée pas d’obligation juridique contraignante, mais représente un « acte politique et mémoriel majeur » permettant d’ouvrir un dialogue international sur les conséquences durables de l’esclavage.

Christian Baptiste, député apparenté socialiste guadeloupéen, a qualifié cette position de « recul », tandis que Marcellin Nadeau (LFI) a affirmé que la France avait affaibli sa crédibilité auprès des peuples d’outre-mer, dénonçant un « nouveau refus de reconnaissance pleine et entière » envers ces territoires.

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, Victorin Lurel, sénateur guadeloupéen et ancien ministre des outre-mer, a qualifié cette abstention de « faute morale, historique, diplomatique et politique », contribuant à ternir l’image de la France et à fragiliser les efforts de réconciliation mémorielle entre les pays occidentaux et leurs anciennes colonies.

Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane a également dénoncé cette abstention, soulignant que l’esclavage n’est pas seulement un crime du passé, mais que ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles. Le parti a appelé les Nations unies à permettre à la Guyane de réintégrer la liste des territoires non autonomes.

Cette résolution, qui déclare la traite des Africains réduits en esclavage comme l’une des plus graves injustices commises contre l’humanité, marque un tournant dans la reconnaissance internationale des crimes liés à l’esclavage.

Source : Le Monde avec AFP

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