
La détresse des parents face aux jeux vidéo : une étude à l’UQAM
De nombreuses études se sont penchées sur l’impact des jeux vidéo sur les enfants et les adolescents. Une recherche en cours à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) se concentre plutôt sur les préoccupations des parents.
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Des parents inquiets…
Les parents d’adolescents, âgés de 12 à 18 ans, s’inquiètent des heures passées par leurs enfants dans des univers virtuels. Dans le cadre d’un projet de recherche, Catherine Gatineau a interviewé une quinzaine de ces parents à travers le Québec, tous préoccupés par les conséquences potentielles de l’utilisation excessive des jeux vidéo sur le développement, les résultats scolaires et le sommeil de leurs jeunes. Les participants ont rapporté que le temps consacré aux jeux vidéo variait de 12 à 56 heures par semaine.
… et en détresse
Au fil des entretiens, Gatineau a observé une détresse marquée chez les parents. Beaucoup d’entre eux se sentent démunis face à la gestion du temps d’écran de leurs enfants. Une mère a exprimé sa frustration en disant : « Mon jeune n’aime pas l’école. Il ne se brosse pas les dents le matin. Il ne défait pas sa boîte à lunch. Et il game. Maudit que je suis poche comme mère. » Certains parents remettent en question leurs compétences parentales, tandis que d’autres ressentent une culpabilité d’avoir introduit « cette petite bombe » dans la vie de leur enfant. Les divergences de point de vue entre les couples peuvent également générer des tensions familiales.
Différentes stratégies parentales
Face à cette situation, les parents ont mis en place diverses stratégies pour gérer l’utilisation des jeux vidéo. Gatineau a identifié deux catégories principales : l’encadrement de l’utilisation, comme l’imposition de limites de temps ou l’utilisation de logiciels de contrôle parental, et la gestion de leur propre stress. Les parents tentent souvent de rationaliser la situation, se disant que les jeux vidéo sont « moins pires que la drogue », ou pratiquent le lâcher-prise.
400 participants recherchés
Pour mieux comprendre les stratégies utilisées par les parents dont les enfants jouent moins intensivement, Gatineau recherche actuellement 400 parents prêts à répondre à un questionnaire en ligne. Ce projet vise à développer des outils pour aider les familles confrontées à la dépendance aux jeux vidéo.
Quelques conseils
Gatineau souligne qu’il n’existe pas de stratégie universelle pour gérer l’utilisation des jeux vidéo. Elle recommande aux parents de collaborer avec leurs enfants pour établir des règles, ce qui augmente la probabilité de respect de ces dernières. S’intéresser à l’univers virtuel de leur enfant peut également améliorer la dynamique familiale. Il est essentiel de ne pas se fier uniquement au temps passé devant l’écran pour évaluer si l’utilisation des jeux vidéo est problématique ; il faut considérer le contexte global, comme la réussite scolaire et les relations sociales de l’enfant.
Cette étude met en lumière les défis auxquels font face les parents dans un monde où les jeux vidéo occupent une place prépondérante dans la vie des adolescents.
Source : La Presse




