
Israël : Refus d’accès aux abris anti-missiles pour des Arabes israéliens
Nasser Kteilat, résident de Tel-Aviv-Jaffa et Arabe israélien, a vécu une expérience troublante lors des bombardements iraniens qui ont débuté le 13 juin. Alors qu’il se réfugiait dans un abri sécurisé près de son appartement, il a été confronté à des attitudes hostiles de la part de voisins.
« Les bombardements ont commencé ici. C’était tout près de chez nous. D’habitude, pendant les attaques précédentes, on descendait dans les escaliers de l’immeuble. Là, c’était différent. C’étaient des roquettes iraniennes, beaucoup plus grosses, plus dangereuses », a-t-il déclaré. Dans son immeuble mixte, il a ressenti une exclusion, se sentant à la fois chez lui et étranger. Après une première alerte, des voisins ont décidé de ne plus le laisser entrer lors des prochaines alertes. Un voisin lui a même donné un code d’accès qui évoquait l’année 1948, symbole de l’expulsion des Palestiniens.
Cet incident n’est pas isolé. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses vidéos montrent des Arabes israéliens se voyant refuser l’accès à des abris. Selon le député Ofer Cassif, élu sur la liste Hadash-Taal, ces refus d’accès sont fréquents et touchent principalement des citoyens arabes, mais aussi d’autres groupes, comme des travailleurs étrangers et des familles d’Ukraine.
Les données de l’État israélien révèlent une inégalité frappante dans l’accès aux abris. À Tamra, une ville arabe de près de 40 000 habitants, il n’y a aucun abri public, tandis qu’une communauté juive voisine de moins de 10 000 habitants en possède plus de dix. Environ 2,5 millions de personnes en Israël n’ont pas accès à un abri sécurisé.
Un rapport de 2018 du Contrôleur de l’État d’Israël indique que 46 % des citoyens arabes n’ont pas accès à des espaces de protection adéquats, comparé à 26 % pour la population générale. Les ONG, comme Sikkuy-Aufoq, dénoncent des inégalités structurelles en matière de protection civile, notamment le manque d’abris dans les localités arabes.
La situation est particulièrement préoccupante pour les Bédouins vivant dans des villages non reconnus, qui n’ont pas accès aux infrastructures de base. Selon Marwan Abu Frieh, coordinateur régional dans le Néguev, ces communautés ont besoin de plus de 12 000 abris pour être correctement protégées, mais seulement 350 ont été rassemblés jusqu’à présent.
Face à cette crise, des ONG et des municipalités tentent d’installer des abris mobiles, dont le coût minimum est de 50 000 shekels (environ 12 000 dollars). Cependant, l’absence d’aide gouvernementale complique considérablement la situation.
Ces événements mettent en lumière des discriminations systémiques qui touchent les Arabes israéliens et d’autres minorités, notamment en matière d’accès à des infrastructures essentielles.
Source : Observateurs





