
Logement : Ce que les maires peuvent vraiment changer
Le logement s’est récemment imposé dans le débat national. À peine élus, les maires des Alpes-Maritimes sont déjà attendus sur ce dossier qui concentre de nombreuses tensions : pouvoir d’achat, recrutement, attractivité, qualité de vie, mobilité et équilibre territorial. Le Club Immo 360 de Nice-Matin, animé par Nicolas Galup, rédacteur en chef, a réuni plusieurs professionnels du secteur au Nice Lawn Tennis Club pour discuter des actions possibles des maires face à la crise du logement.
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Les intervenants s’accordent à dire que les maires ne peuvent pas tout, mais qu’ils ont un rôle essentiel à jouer. L’accès à la propriété et à la location reste difficile, et l’attractivité du territoire est en jeu. William Siksik, coprésident de la FNAIM 06, souligne que « nous sommes victimes de notre succès sur notre territoire. Tout le monde veut habiter sur la Côte d’Azur. » Le problème majeur réside dans un « stock qui réduit », aggravé par une baisse du pouvoir d’achat et des normes de construction de plus en plus contraignantes.
Le maire, premier opérateur de terrain
Les maires sont en première ligne pour observer la montée des tensions liées au logement. Ils reçoivent quotidiennement des demandes de logement, des alertes sur des loyers inaccessibles et des inquiétudes concernant des projets immobiliers. Stéphane Le Floch, directeur de Soliha 06, affirme que le maire est « au cœur de la vie de ses citoyens » et dispose de leviers pour agir, comme réguler le meublé touristique et accompagner la sortie des logements vacants.
William Siksik insiste sur la nécessité d’une collaboration entre les différents acteurs, y compris le préfet, la métropole, le conseil départemental et les professionnels du logement, pour débloquer rapidement les situations.
Construire pour transformer
La question de la construction dans un département déjà saturé a été abordée. Jean-Paul Gandolfi, directeur chez Fayat Bâtiment, évoque la réversibilité des bâtiments comme un levier pertinent : « Penser dès aujourd’hui des bâtiments capables de changer d’usage demain. » Cela inclut la transformation de bureaux en logements et l’adaptation de l’existant.
Cette approche pourrait réduire le conflit entre le besoin de logements et le rejet de nouvelles constructions, tout en s’adaptant à un territoire déjà très contraint.
Des outils trop peu connus
Les logements vacants sont un autre sujet soulevé. Les professionnels mettent en garde contre une surestimation de la réalité. Stéphane Le Floch estime que le taux réel de logements vacants est d’environ 1,5 à 2 % du parc. Bien que ce gisement existe, il ne résoudra pas à lui seul la crise du logement.
Il est crucial de traiter ces logements de manière sérieuse, avec un repérage précis et un accompagnement des propriétaires pour les remettre sur le marché.
Le logement ne se pense pas sans mobilité
Enfin, la discussion a mis en évidence l’importance de la mobilité. L’équilibre entre littoral et arrière-pays ne peut pas être abordé sans considérer les transports. Les professionnels de l’immobilier ont plaidé pour une clarté des actions à mener et pour des élus locaux capables d’initier des changements concrets.
Les maires, même s’ils n’ont pas tous les pouvoirs, restent les premiers à pouvoir enclencher une méthode efficace pour résoudre la crise du logement.
Source : Nice-Matin



