
Faut-il indexer les salaires sur l’inflation ?
Avec une inflation de 2,2 % sur un an en avril 2026 selon l’Insee, la question de l’indexation des salaires sur les prix revient au centre du débat politique. Ancien mécanisme abandonné dans les années 1980, l’échelle mobile des salaires ressurgit comme un sujet de division à un an de l’élection présidentielle.
Le retour de l’inflation replace une vieille question au cœur du débat public : faut-il réindexer les salaires sur celle-ci ? Cette hausse des prix à la consommation pourrait rapidement devenir l’un des thèmes majeurs de la campagne présidentielle.
Un système d’indexation supprimé lors du tournant de la rigueur sous Mitterrand
La France a déjà connu un système d’indexation automatique des rémunérations sur l’inflation, appelé « échelle mobile des salaires », instauré en 1952. Il prévoyait des revalorisations automatiques lorsque les prix augmentaient, touchant principalement le SMIG, ancêtre du SMIC, ainsi que certaines branches professionnelles via des accords collectifs.
Ce système a été progressivement abandonné au début des années 1980. Le gouvernement de Pierre Mauroy, avec Jacques Delors à l’Économie, a supprimé l’indexation automatique dans le cadre du tournant de la rigueur de 1982-1983, estimant que ces hausses entretenaient une « spirale prix-salaires », susceptible d’alimenter durablement l’inflation.
Gauche et droite s’opposent sur le sujet à un an de la présidentielle
Quarante ans plus tard, le débat ressurgit dans un contexte de tensions sur le pouvoir d’achat. Aujourd’hui, seul le SMIC reste automatiquement revalorisé selon des critères liés à l’inflation, tandis que les augmentations pour le reste des salariés relèvent des négociations d’entreprise ou de branche.
À gauche, le Parti communiste et La France insoumise défendent le retour d’une forme d’indexation, soutenus par des élus écologistes et socialistes. Ils considèrent ce dispositif comme un moyen de protéger les salariés de l’érosion du pouvoir d’achat.
À l’inverse, le gouvernement, Les Républicains et la droite sénatoriale rejettent cette perspective, craignant qu’une indexation automatique n’alourdisse les coûts pour les entreprises et n’entretienne l’inflation. Le Rassemblement national, quant à lui, adopte une position plus ambiguë, sans se déclarer clairement en faveur de l’échelle mobile des salaires lors des débats parlementaires récents.
À un an de la présidentielle, ce sujet pourrait devenir un marqueur politique entre défense du pouvoir d’achat, maîtrise de l’inflation et partage de l’effort économique.
Source : Insee





