
Ici, les cours sont suspendus, mais la vie continue
Des sirènes rythment désormais le quotidien de Dalia, 17 ans, élève de terminale au Lycée français de Koweït. Plusieurs fois par jour, des alertes retentissent. « Le plus souvent, ce sont des sirènes intermittentes », explique la lycéenne. Elles signalent un danger imminent, avant qu’une sirène continue annonce la fin de l’alerte. « Il y en a une troisième, pour les menaces plus graves. On ne l’a encore jamais entendue, mais elle ressemble à celles des ambulances. »
Au-dessus du pays, missiles et drones traversent régulièrement l’espace aérien, avant d’être interceptés. « Le vrai danger pour nous, ce sont surtout les débris qui retombent, précise-t-elle. Les frappes visent avant tout l’ambassade ou les bases militaires américaines. » Bien que les civils ne soient pas ciblés, le climat est qualifié d’« anxiogène ». « La plupart des opérations ont lieu la nuit, il nous est déjà arrivé de nous réveiller en sursaut », ajoute Dalia.
Avec sa sœur et ses parents, la famille a préparé un sac d’évacuation d’urgence. Papiers d’identité, bouteilles d’eau, vestes : tout est prêt, posé dans le salon. Pour l’heure, un rapatriement n’est pas à l’ordre du jour pour cette lycéenne d’origine algérienne. « Honnêtement, je me sens en sécurité. Dans ce grand conflit, on n’est pas les plus affectés », confie-t-elle.
Cependant, le quotidien est profondément bousculé. Hormis quelques rares sorties, Dalia passe la plupart de son temps chez elle. « Les cours n’ont pas repris depuis les vacances de février. Les profs font leur maximum, reconnaît-elle. Mais pour le bac, on est un peu dans le brouillard. On ne sait pas si les épreuves pourront avoir lieu. Les cours sont maintenus en visioconférence, notamment en philosophie et pour les enseignements de spécialité. »
La situation actuelle met en lumière les défis auxquels sont confrontés les élèves dans des zones de conflit, où l’éducation est interrompue, mais où la vie continue d’une manière ou d’une autre.
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