Hausse des frais d’inscription à l'université pour les étudiants étrangers :

Hausse des frais d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers : « Je perds l’opportunité de réaliser mon rêve »

Depuis l’annonce de la hausse des frais d’inscription pour les étudiants hors Union européenne, l’inquiétude monte dans les universités. Étudiants et enseignants déplorent un désengagement de l’État.

Le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé le 20 avril une application stricte des droits d’inscription différenciés pour les étudiants extracommunautaires dans les facultés françaises. Les frais d’inscription pour ces étudiants vont considérablement augmenter. À l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, cette décision pourrait contraindre certains étudiants étrangers à abandonner leurs études en France.

Sara, étudiante colombienne, témoigne : “Je devrais avoir la possibilité de suivre des études supérieures ici en France, sans avoir à payer 20 fois plus cher qu’un élève français.” Elle doit désormais débourser 2 895 euros pour une année de licence, contre 178 euros auparavant. Depuis le 1er décembre, le conseil d’administration de l’université a voté la fin de l’exonération partielle des frais d’inscription pour les étudiants hors de l’Union européenne. Les frais pour une année de master passeront à 3 941 euros, alors qu’ils étaient de 254 euros. Seuls les étudiants provenant de pays figurant sur la liste des 44 pays “les moins avancés” définis par l’ONU et ceux en exil bénéficieront d’une exonération partielle.

Cette hausse s’inscrit dans un contexte financier déjà fragile pour les universités. Selon une motion votée par le conseil d’administration de Paris 1, l’impact de ces décisions de l’État pourrait représenter 7,32 millions d’euros de dépenses supplémentaires pour l’université d’ici 2026. Le conseil déplore la pression exercée par l’État, qui l’oblige à “mettre en place des mesures visant à augmenter ses recettes à très court terme”.

Christine Neau-Leduc, présidente de Paris 1, a déclaré : “Nous avons adopté cette mesure de façon contrainte. Notre budget est insoutenable et nous avons besoin de recettes supplémentaires. C’est une mesure dont je souhaitais me passer. J’espère que c’est circonstanciel et que nous pourrons revenir dessus.” Elle a également précisé que “les étudiants étrangers sont toujours les bienvenus”.

Cette situation affecte non seulement les étudiants, mais aussi leurs familles. Les parents de Sara, qui financent également les études de son frère, se retrouvent dans une situation financière difficile. L’angoisse de devoir assumer des frais supplémentaires pèse sur elle, provoquant des cauchemars liés à la perte de son rêve.

D’après le syndicat alternatif de Paris 1 (SAP1), environ 1 200 étudiants extracommunautaires sont concernés par cette hausse. Joaquín Blanco, étudiant en économie du développement, pourrait être contraint de chercher un autre master ou de quitter la France, en raison du coût de la vie devenu insupportable.

Pour Emmanuel Charrier, enseignant au département des Langues, cette situation reflète un désengagement croissant de l’État envers les étudiants. Il souligne que cette politique pourrait accentuer les inégalités et créer une université à deux vitesses.

Sur le campus, les étudiants se mobilisent. En assemblée générale, ils ont dénoncé cette “mesure de préférence nationale” et lancé une pétition qui a recueilli plus de 2 400 signatures. Le syndicat a également reçu plus d’une centaine de témoignages d’étudiants inquiets de ne pas pouvoir faire face à ces nouvelles charges.

Source : RFI

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