
Haïti : Plus de 1.600 morts en trois mois
Au cours des trois derniers mois, Haïti a enregistré plus de 1.600 décès liés à la violence, illustrant une crise sécuritaire alarmante. « Malgré des avancées sécuritaires dans certaines zones du centre-ville de Port-au-Prince, l’insécurité est quotidienne et intenable pour un grand nombre d’Haïtiens », a déclaré Carlos Ruiz Massieu, Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti et chef du BINUH. La violence s’étend également aux départements de l’Artibonite et du Centre.
Les opérations menées par les forces de sécurité ont permis de limiter l’expansion des gangs dans certaines zones de la capitale, entraînant une baisse des activités criminelles dans plusieurs quartiers. Cependant, dans les territoires contrôlés par les gangs, des violations graves des droits humains persistent, incluant des meurtres ciblés, des enlèvements et des extorsions. Le BINUH a rapporté le cas tragique d’un garçon de 13 ans exécuté en mars pour avoir laissé s’envoler un cerf-volant alors qu’il servait de « guetteur » pour un gang.
Dans le département de l’Artibonite, les violences ont atteint un nouveau seuil à la fin mars, avec des attaques coordonnées par des gangs contre 16 localités, faisant au moins 83 morts et 38 blessés. Certaines victimes ont été extraites de leurs maisons et exécutées sur place.
Les femmes et les filles sont particulièrement visées, représentant 27 % des victimes de violences, avec plus de 292 cas de violences sexuelles documentés, touchant principalement des adolescentes de 12 à 17 ans. Les viols collectifs et l’exploitation sexuelle sont utilisés comme outils de terreur pour contrôler les populations.
Les groupes d’auto-défense sont également impliqués, étant responsables de 4 % des morts et blessés, ciblant des membres présumés de gangs.
Le rapport indique que plus de 69 % des victimes ont été tuées ou blessées lors d’opérations de sécurité, parfois avec l’assistance de sociétés militaires privées utilisant des drones. Parmi les victimes, au moins 69 civils, dont cinq enfants, ont été touchés, avec des incidents d’exécutions sommaires impliquant des policiers causant la mort de 33 personnes.
Face à cette crise, l’ONU appelle les autorités haïtiennes et la communauté internationale à renforcer la lutte contre le trafic d’armes, à accélérer les réformes judiciaires et à garantir le respect des droits humains dans toutes les opérations de sécurité.
(Source : BINUH)





