
Fuites, pollutions, prix : Une « discrimination environnementale » dans l’accès à l’eau en Outre-mer
Un rapport publié le 23 juin par l’association Notre affaire à tous et dix organisations ultramarines met en lumière le manque d’accès à l’eau potable dans les territoires d’Outre-mer. Près de trois millions de personnes en France rencontrent de graves difficultés pour accéder à ce service public essentiel. Les signataires, dont l’Association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR) et Guyane Nature Environnement, soulignent que cette crise de l’eau persiste depuis plusieurs années dans des régions comme Mayotte, la Martinique, la Guadeloupe, la Réunion et la Guyane.
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Constat alarmant
Le rapport indique que, en Guadeloupe, un quart de la population n’a pas accès à l’eau tous les jours, selon un rapport du Conseil économique social et environnemental. Bien que surnommée « L’île aux belles eaux », la Guadeloupe souffre de fuites massives dans son réseau de canalisations, avec jusqu’à 60 % de l’eau produite perdue, et même 80 % dans certaines zones. Ce problème est également présent dans d’autres territoires d’Outre-mer, où plus d’un tiers de l’eau peut être perdue par des fuites.
Infrastructures insuffisantes
Les infrastructures vieillissantes et sous-dimensionnées aggravent la situation. À Mayotte, 92 % de l’eau dépend des précipitations, rendant l’île vulnérable aux sécheresses. En 2023, une crise de l’eau a été déclarée en raison d’une sécheresse historique. Les efforts pour construire des stations de dessalement et des retenues collinaires n’ont pas suffi à répondre aux besoins croissants de la population.
Coût de l’eau
Les territoires d’Outre-mer affichent des prix de l’eau parmi les plus élevés de France. En 2023, le coût moyen était de 6,52 euros le mètre cube en Guadeloupe, contre 4,19 euros en métropole. La part d’une facture d’eau pour un ménage précaire peut atteindre 25 % à Mayotte, alors qu’elle est de 1,4 % en métropole.
Pollution
Les problèmes de pollution ajoutent une couche de complexité à cette crise. En Guadeloupe et en Martinique, des contaminations à la chlordécone, un pesticide anciennement utilisé, continuent d’affecter la qualité de l’eau. En Guyane, l’eau est souvent contaminée au mercure en raison de l’exploitation aurifère.
Les auteurs du rapport dénoncent une « discrimination environnementale » qui remet en question l’égalité nationale en France. Ils appellent à des investissements importants pour améliorer les infrastructures et à une reconnaissance officielle de la responsabilité de l’État dans ces injustices.
Source : Notre affaire à tous.





