« On peut vider notre sac et poser toutes nos questions » : en psychiatrie, former les proches pour mieux aider les patients

Former les proches pour mieux aider les patients en psychiatrie

Lorsque Lucie, trentenaire sans antécédents, est frappée par une crise psychotique aiguë, sa famille fait face à un véritable choc. Son père, Fabrice, et sa belle-mère, Sabine, se disent « dévastés » et « démunis », ne comprenant pas la situation. Lucie semble avoir développé cette crise à la suite d’un burn-out et d’une rupture sentimentale, ce qui a conduit son père à éprouver des pensées suicidaires, se sentant coupable de n’avoir « rien vu venir ».

Un mois après son hospitalisation dans un établissement parisien, un infirmier leur parle de BREF, un programme de psychoéducation destiné aux aidants. Ce programme a pour but de mieux comprendre les troubles psychiatriques et de fournir des outils pour y faire face. Lors de la première séance, Sabine et Fabrice peuvent « vider leur sac » et poser toutes leurs questions dans un « espace de parole, d’écoute ». Ils confient que cette expérience a été un « grand soulagement ». Un an plus tard, Lucie a retrouvé une meilleure santé et a repris le travail.

Créé en 2016 au centre hospitalier Le Vinatier, à Bron, en collaboration avec l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam), le programme BREF consiste en trois séances d’environ une heure, suivies d’un rappel téléphonique à trois mois. Il vise à écouter, informer et soutenir les proches, qu’ils soient parents, amis ou autres, souvent laissés seuls face à la maladie. Le psychiatre Romain Rey, à l’initiative du programme, souligne que recevoir les aidants sans le patient permet d’aborder librement leurs craintes, leur épuisement et leur culpabilité. Environ 300 sessions sont organisées chaque année à l’hôpital, et le programme s’est étendu à plus de 240 équipes à travers le pays, avec plus de 10 000 professionnels de santé formés.

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