
Mes courses ne sont plus rentables : face à la flambée des prix des carburants, cette chauffeuse de VTC « pense à changer de métier »
À Marseille, après des années passées au volant de son VTC, Fatima a pris une décision douloureuse : arrêter plutôt que de rouler à perte.
« Je suis presque en dépression ». Sous ses lunettes noires, Fatima a les traits tirés. Cette chauffeuse de VTC marseillaise a été contrainte de prendre une décision radicale, au début du mois d’avril, face à la flambée des prix des carburants. « J’ai retiré ma carte professionnelle et rendu mon macaron, » confie-t-elle. « Je ne m’en sors pas, l’essence est chère et je ne suis pas à l’électrique donc je préfère ne pas payer d’essence et arrêter de travailler. »
Cette décision est un choix douloureux pour Fatima, qui avait obtenu sa carte professionnelle de VTC il y a plusieurs années. Depuis, elle a vu l’exercice de sa profession se dégrader peu à peu, et la nouvelle crise liée à la guerre au Moyen-Orient est celle de trop. « Déjà que c’était difficile avant, mais maintenant, c’est pire, » explique l’ancienne chauffeuse de VTC. « Mes courses ne sont plus rentables, avant je m’en sortais à peine, j’étais au niveau du Smic, mais le métier est devenu très, très difficile… Je n’y arrive plus. »
Les ventes de carburants en France ont fortement baissé en avril, selon le dernier relevé national de la consommation de carburant, réalisé par le Comité professionnel du pétrole (CPDP). Fatima, qui a mis de côté sa vie de VTC depuis plusieurs semaines, rationne désormais quand elle fait le plein pour ses déplacements personnels. Elle regarde le totem de sa station essence : 2,11 euros le litre de sans plomb 98. « Je suis en colère, » lâche-t-elle, tout en réfléchissant à l’après. « Je pense à changer de métier… »
Mercredi 29 avril, Emmanuel Macron a appelé le gouvernement à réfléchir à de « nouvelles réponses » face à la hausse des prix de l’énergie « dans un contexte géopolitique hautement incertain, » selon des propos rapportés par la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon.
Source : Franceinfo





