Une expédition scientifique de trois mois autour de l’Antarctique, menée par l’équipe d’Under The Pole, vient de s’achever. L’organisation bretonne, dédiée à la préservation des océans, a récemment regagné la Patagonie après avoir exploré des écosystèmes marins peu connus.
Un milieu mal connu
Cette mission s’inscrit dans le cadre du programme DeepLife, initié par Under The Pole (UTP) en collaboration avec le CNRS, prévu sur une décennie (2021-2030). L’objectif principal est d’étudier et de préserver les forêts animales sous-marines, qui sont principalement composées de gorgones et de coraux. Ces écosystèmes se situent dans la zone mésophotique, définie comme étant « entre la limite courante des plongées humaines (40 mètres) et les profondeurs explorées par les robots et sous-marins (200 mètres) », selon Lorenzo Bramanti, chercheur au Lecob à Banyuls-sur-Mer et co-directeur scientifique de l’expédition.
Pour mieux appréhender ces milieux riches en biodiversité, le programme inclut le relevé de divers paramètres, tels que la densité de la forêt, la taille des individus, les espèces présentes et la vitesse du courant marin. Ces données sont collectées selon des protocoles scientifiques appliqués dans divers lieux autour du globe, notamment en Arctique (2022) et au Honduras (2025).
Une campagne hors norme
L’expédition a permis d’explorer les forêts animales marines sur la côte ouest de la péninsule antarctique. Pour réussir cette mission dans des conditions polaires, l’équipe d’UTP a dû faire face à des défis importants. Les plongeurs ont utilisé des équipements adaptés, tels que des patchs chauffants et des sous-combinaisons épaisses, ce qui a pu limiter leur mobilité. « Ces explorations n’auraient pas été possibles sans ce matériel, car nous plongeons jusqu’à 130 mètres de profondeur et restons parfois jusqu’à trois heures sous l’eau », ont déclaré Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout, fondateurs d’UTP.
Le caractère isolé de la région a également compliqué les rotations d’équipe, rendant nécessaire la présence d’un seul équipage durant toute la durée de l’expédition. « Le froid ambiant et l’humidité constante à bord du bateau ont ajouté une pression physique et psychologique », ont-ils ajouté. Malgré ces conditions difficiles, l’expédition a été un succès, avec des échantillons en cours d’acheminement vers Lorient, tandis que le navire se dirige vers d’autres forêts animales marines.
Source : Under The Pole, CNRS.





