
FOMO vs FOBO : Quand le travail devient source d’angoisse
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Dans une récente étude de l’IPSOS sur la santé mentale, 32% des 17 000 personnes interrogées dans 16 pays affirment souffrir d’un problème de santé mentale. Parmi les facteurs impactant leur bien-être, 53% des répondants citent l’instabilité financière ou la peur de perdre leur emploi. Plus d’une personne sur deux considère son travail comme une source d’inquiétude. Cette situation met en lumière deux peurs émergentes dans le monde professionnel : le FOMO et le FOBO.
FOMO : Fear Of Missing Out
Le FOMO, acronyme de Fear Of Missing Out, désigne la peur de rater quelque chose. Ce phénomène, initialement social, s’est progressivement infiltré dans le milieu professionnel. Il se manifeste par l’anxiété de manquer un événement important ou une information cruciale, souvent exacerbée par l’usage des réseaux sociaux. L’angoisse de rater des expériences enrichissantes a été renforcée par l’accessibilité constante des outils numériques.
La généralisation des smartphones et des ordinateurs a permis à cette peur de s’étendre au domaine professionnel. La pandémie et l’essor du télétravail ont intensifié cette anxiété, rendant les employés accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Cette hyperconnexion pousse certains à surveiller leur messagerie professionnelle même pendant leurs congés, générant un stress constant.
Le FOMO peut entraîner une hypervigilance, où l’employé se sent obligé de rester attentif pour ne rien manquer. Cela perturbe sa concentration et impacte la qualité de son sommeil, augmentant ainsi le stress et l’angoisse.
FOBO : Fear Of Becoming Obsolete
Le FOBO, ou Fear Of Becoming Obsolete, est une inquiétude plus récente, liée à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). Les employés craignent que l’IA ne remplace leur poste, rendant leurs compétences obsolètes. Une enquête menée par Gallup en 2023 révèle que 22% des travailleurs américains ressentent cette peur, une augmentation de 7 points depuis 2021. Les experts estiment que d’ici cinq ans, 44% des compétences seront affectées par l’IA.
Selon une étude de Goldman Sachs, environ 300 millions de postes dans le monde pourraient être menacés par l’IA, avec deux tiers des métiers exposés à un certain degré d’automatisation. Cependant, il est important de noter que l’émergence de nouvelles technologies a également conduit à la création de nouveaux emplois.
Malgré une vision plus optimiste sur le long terme, le FOBO reste une source d’angoisse pour de nombreux employés. Une étude du World Economic Forum de 2023 indique que 50% des entreprises pensent que l’IA va créer davantage d’emplois, tandis que seulement 25% estiment qu’elle entraînera des pertes de postes.
Pour atténuer ces inquiétudes, le World Economic Forum encourage les employés à se former à l’utilisation de l’IA, afin de tirer parti de cette technologie et de rester compétitifs sur le marché.
Conclusion
Les peurs liées au FOMO et au FOBO illustrent les défis contemporains du monde du travail. Ces angoisses, exacerbées par la technologie, soulignent la nécessité d’une meilleure gestion de la santé mentale au sein des entreprises.
Source : IPSOS, Gallup, Goldman Sachs, World Economic Forum






