Gwastell ar Rouaned : Le Gâteau des Rois, Une Tradition Bien Ancrée en Bretagne
La tradition des mages rendant visite à l’enfant Jésus, tirée de l’évangile de Saint Mathieu, évoque un moment clé de la chrétienté. Comme mentionné dans l’évangile (Matthieu II, 12), ces mages, guidés par une étoile, ont offert à l’enfant Jésus des présents : or, encens et myrrhe. Cette célébration, connue sous le nom d’épiphanie, est appelée en breton Gouel ar stered ou Gouel ar Rouaned (Fête de l’étoile ou fête des Rois).
Historiquement, cette tradition royale a évolué au fil des siècles. Dès le VIe siècle, les Mages étaient perçus comme des rois, et des références à Gouel ar Rouanez ou Gouel ar sterenn apparaissent dans des textes bretons dès 1612. Le pluriel de « roue » se décline sous plusieurs formes : roueed, rouanez, rouaned, rouizion. Un cantique trégorrois célèbre cette tradition en évoquant l’étoile qui a guidé les rois vers le Christ.
L’importance de cette fête est soulignée par l’abbé Nicolas, curé de Plomodiern, dans son ouvrage Buhez ar Sent (Vie des saints) de 1902. Il rappelle que la Bretagne, avant l’avènement du christianisme, était une terre païenne, et qu’il est essentiel de célébrer cette fête avec joie et sagesse.
La tradition de la galette des rois, appelée en breton Gwastell ar Rouanez, remonte à des sources anciennes, dont le Dictionnaire de Grégoire de Rostrenen (1732) et le roman trégorrois Bilzig (1924). Dans cette galette, une fève, ou ar favenn, est cachée. Selon la tradition, celui qui trouve la fève devient roi pour la journée, souvent couronné d’une couronne en papier.
Dans une chansonnette pour enfants, Mona Jaouen propose une recette de galette : Bleud, sukr, amann ha vioù (Farine, sucre, beurre et œuf, avec un peu de levain et du lait). À Douarnenez, le Kouign Amann des Rois, une variante de la galette, a également vu le jour, intégrant une fève pour le plaisir des gourmands.
Ainsi, la tradition de Gwastell ar Rouaned continue de rassembler les Bretons autour de cette fête riche en histoire et en saveurs.
Source : Évangile de Saint Mathieu, traditions bretonnes






