
Nigeria convoque l’envoyé sud-africain face aux incidents xenophobes
Le Nigeria a convoqué l’actuel haut-commissaire de l’Afrique du Sud à une réunion au ministère des Affaires étrangères, citant une augmentation des manifestations anti-migrants en Afrique. Cette démarche intervient peu après que le ministère des Affaires étrangères du Ghana a également tenu des discussions avec le haut-commissaire sud-africain à Accra, pour protester contre plusieurs incidents présumés de xénophobie impliquant des Ghanéens.
Parallèlement, le média City Press a rapporté que des camions et des citoyens sud-africains pourraient être empêchés d’entrer au Mozambique, des manifestations étant attendues à Ressano Garcia en réponse aux marches xénophobes et aux attaques contre les immigrants en Afrique du Sud. Ces événements surviennent alors que le ministère sud-africain de la Police a promis de sévir contre quiconque perpétue des attaques xénophobes à l’encontre des Ghanéens et d’autres ressortissants étrangers.
Un contexte de xénophobie persistante
La xénophobie est un problème de longue date en Afrique du Sud. Au cours des derniers mois, des manifestations anti-migrants ont été signalées, certaines ayant conduit à des violences contre des commerçants étrangers. Les incidents ciblent principalement les Africains noirs, plus des deux tiers des trois millions de résidents étrangers d’Afrique du Sud venant de pays voisins d’Afrique australe. Avec un taux de chômage dépassant 30 %, les défenseurs des droits des migrants estiment que ces derniers sont souvent désignés comme boucs émissaires des difficultés économiques du pays.
Préoccupations internationales
Le Nigeria et le Ghana ne sont pas les seuls pays à exprimer leurs inquiétudes face à cette tendance. Le 27 avril, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré être « profondément préoccupé par les rapports d’attaques xénophobes et d’actes de harcèlement et d’intimidation contre les migrants et les ressortissants étrangers ». Il a souligné que la violence et l’incitation à la haine n’ont pas leur place dans une société démocratique inclusive.
Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Ronald Lamola, a affirmé que la violence à l’encontre des migrants constitue une menace pour l’ordre constitutionnel du pays, tandis que le ministre de la Police, Firoz Cachalia, a déclaré que les actes de xénophobie, de violence ou d’intimidation ne seraient tolérés sous aucun prétexte.
Source principale : DW.com






