
Escroquerie à 7 millions d’euros : deux avocates de Dieppe défendent 64 victimes
C’est une affaire hors-norme qui a récemment retenu l’attention des médias et des autorités judiciaires. Deux avocates de Dieppe, Me Caroline Roth et Claire Ménard, défendent 64 victimes dans une vaste affaire d’escroquerie liée au vignoble du Château Belmar, situé à Saint-Longis dans la Sarthe. Les créateurs de ce vignoble, Grégory Russel et Sidonie Grasset, devaient comparaître devant le tribunal correctionnel du Mans le 30 avril 2026, mais l’affaire a été renvoyée et sera jugée les 22 et 23 juin.
Les victimes, provenant de toute la France, ont investi des sommes considérables, avec un préjudice total estimé à environ 7 millions d’euros. Ce montant inclut 2,5 millions d’euros pour les clients représentés par les avocates, sans compter le préjudice moral. Une des victimes a même investi 600 000 euros.
Les faits reprochés aux prévenus incluent le détournement de fonds d’investisseurs dans le vignoble, qui est le seul du département à bénéficier d’une indication géographique protégée. Les avocates soulignent que le dossier d’instruction est massif, comptant entre 4 000 et 5 000 pages.
Le principal accusé, Grégory Russel, a nié les accusations, affirmant qu’il n’avait escroqué personne. Selon les avocates, les victimes étaient principalement des personnes âgées ayant investi toutes leurs économies dans ce projet. Le système mis en place pour ces investissements était tel qu’il était impossible d’acheter moins de cinq parts, chaque part étant fixée à 4 500 euros.
En parallèle, un notaire du Mans est également impliqué dans cette affaire, accusé d’avoir contribué à la revente du château à un prix largement supérieur à sa valeur réelle. Les avocates affirment que cette opération aurait servi à effacer les dettes du vigneron.
L’affaire a été mise en lumière grâce à un contrôle fiscal en 2024, qui a conduit à des saisies de biens de valeur, dont une Porsche et des œuvres d’art.
Les avocates de Dieppe abordent le procès avec détermination, prêtes à défendre les intérêts de leurs clients face à une situation complexe et aux enjeux financiers considérables.
Source : Mathieu Te Morsche, Actu.fr, 30 avril 2026





