Erreur de diagnostic : une mère se bat pour justice après la mort de son fils de 17 ans.
Le médecin aurait dû le savoir : dix ans après la mort de son fils, une mère se bat pour faire reconnaître une erreur de diagnostic
À 17 ans, Ludovic Grattapaglia est décédé d’une rupture d’anévrisme, quelques jours après avoir consulté un médecin pour des maux de tête et une vision brouillée. Dix ans plus tard, sa mère, Valérie Ogna Grattapaglia, attend toujours que la justice lui apporte des réponses.
Ludovic, jeune Seynois passionné de musculation, avait de nombreux projets. « C’était un enfant réservé, mais très bien dans ses baskets. Il avait sa bande d’amis, aimait taquiner tout le monde », se souvient sa mère. L’adolescent souhaitait passer en première S et rejoindre l’armée pour s’engager dans un corps d’élite. À cette époque, il était en bonne santé.
En mai 2016, il commence à ressentir des maux de tête. Sa mère pense d’abord à un inconfort lié aux écrans et lui donne un Doliprane. Le lendemain, la douleur persiste et sa vision se brouille. Ils se rendent aux urgences de La Seyne-sur-Mer, où un généraliste vérifie sa tension et son cœur, mais, selon sa mère, « aucun test neurologique n’est réalisé ». Le médecin conclut à du stress adolescent.
Deux jours plus tard, alors qu’il est de retour à la salle de musculation, Ludovic s’effondre. Son professeur, également pompier, le masse pendant 17 minutes avant l’arrivée des secours. Il est transféré à l’hôpital Sainte-Musse, puis à La Timone, où il décède des suites d’une rupture d’anévrisme.
Pour sa mère, le doute s’installe dès cette première consultation. « J’ai appris plus tard qu’avoir des maux de tête conjugués à une vision floue est une alerte à ne pas négliger. Le médecin aurait dû le savoir et faire le nécessaire, c’est-à-dire un scanner », déclare-t-elle.
Une plainte est déposée en 2018, et le médecin est mis en examen au tribunal judiciaire de Toulon pour « maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ». Dix ans après les faits, aucune décision de justice n’a été rendue. Une expertise a été ordonnée, mais la procédure est compliquée par le refus de certains experts d’accepter la mission.
Après sa mort, les proches de Ludovic ont choisi de faire don de ses organes, permettant ainsi de sauver cinq personnes, dont la plus jeune avait deux ans et demi. Une part de son fils continue ainsi de vivre.
Source : Var-Matin
