Ukraine : le Kremlin espère des négociations, mais n’a aucune feuille de route (lemonde.fr)
Ukraine : le 24 février 2022, Poutine choisissait l’invasion derrière le discours de « protection »
Retour sur le déclenchement de l’invasion russe à grande échelle et les premières réactions internationales. Le récit fourni porte sur février 2022 : les annonces militaires et les sanctions décrites ci-dessous sont replacées dans cette chronologie, et non présentées comme des nouvelles du jour.
Le fait principal
Le 24 février 2022, la Russie lançait une invasion à grande échelle de l’Ukraine. L’offensive débordait immédiatement le Donbass, dont Vladimir Poutine prétendait protéger les populations. Kyiv et plusieurs régions du pays étaient attaquées. Derrière le vocabulaire de la protection, une réalité : l’armée d’un État franchissait les frontières de son voisin pour lui imposer sa volonté. Les premiers rapports humanitaires de l’ONU documentent cette extension des attaques à travers le territoire ukrainien. (ukraine.un.org)
Ce qui s’est passé
Le 21 février 2022, Vladimir Poutine avait reconnu l’indépendance des deux entités séparatistes autoproclamées de Donetsk et de Lougansk. Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, avait dénoncé une violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale ukrainiennes. Trois jours plus tard, l’offensive générale commençait. (press.un.org)
Dans les premiers jours, les hostilités touchaient notamment Kyiv, Kharkiv, Marioupol et le sud du pays. Les habitants cherchaient refuge dans les caves, les abris et les stations de métro. La guerre ne se limitait pas aux communiqués militaires : elle bouleversait les déplacements, les logements et l’accès à la sécurité. (ukraine.un.org)
Le site nucléaire de Tchernobyl, marqué par la catastrophe de 1986, passait également sous contrôle russe le 24 février 2022. L’Agence internationale de l’énergie atomique a ensuite documenté cette occupation, qui s’est prolongée jusqu’au 31 mars 2022. Il ne s’agissait donc pas d’un contrôle russe permanent du site. (iaea.org)
Face à l’attaque, Volodymyr Zelensky décrétait la mobilisation générale. Le texte prévoyait sa mise en œuvre sur 90 jours à compter de son entrée en vigueur, avec l’appel de personnes soumises aux obligations militaires et de réservistes selon les besoins définis par les autorités. Ce délai ne constituait pas une prévision de durée de la guerre. (president.gov.ua)
Le contexte
L’invasion à grande échelle intervenait huit ans après l’annexion illégale de la Crimée par la Russie, en 2014, et le début du conflit dans le Donbass. Février 2022 n’était donc pas le commencement de toute la guerre russo-ukrainienne, mais un changement majeur de son ampleur. (nato.int)
La réponse occidentale distinguait soutien à l’Ukraine et intervention directe. Le 24 février 2022, l’OTAN déclarait ne pas prévoir d’envoyer ses troupes combattre en Ukraine, tout en renforçant la défense de ses États membres orientaux. L’Alliance rappelait aussi l’aide déjà apportée à l’armée ukrainienne. L’absence d’intervention directe ne signifiait donc pas l’absence de tout soutien. (nato.int)
Le 25 février, Emmanuel Macron annonçait un nouveau contingent français en Estonie, une participation anticipée à la police du ciel balte dès mars et l’accélération du déploiement en Roumanie. Ces mes concernaient le territoire des alliés, pas un engagement français au combat en Ukraine. (elysee.fr)
Les chiffres à retenir
- Plus de 14.000 morts : le bilan cité dans le texte initial concerne le conflit antérieur à l’invasion générale. L’ONU estimait entre 14 200 et 14 400 les personnes tuées du 14 avril 2014 au 31 décembre 2021, dont au moins 3 404 civils. Le total inclut aussi les forces ukrainiennes et les membres des groupes armés : ce n’est pas un bilan exclusivement civil. (ukraine.un.org)
- 90 jours : la période initialement prévue par le décret ukrainien de mobilisation générale du 24 février 2022. (president.gov.ua)
- 27 pays : les États membres de l’Union européenne engagés dans la réponse commune. Le paquet adopté le 25 février visait notamment la finance, l’énergie, les transports et les technologies. (elysee.fr)
Ce que cela révèle
Le discours de protection se heurtait à la géographie des attaques. Une offensive touchant la capitale et plusieurs régions ne pouvait être décrite honnêtement comme une action circonscrite aux territoires séparatistes. Le Kremlin invoquait la sécurité ; les populations ukrainiennes devaient chercher un abri. Le décalage n’avait rien d’une nuance diplomatique. (ukraine.un.org)
La chronologie des sanctions mérite, elle aussi, mieux qu’un raccourci. L’absence d’exclusion bancaire de SWIFT dans les premières annonces européennes n’a pas duré : le 2 mars 2022, le Conseil de l’UE annonçait l’exclusion de certaines banques russes, applicable dix jours plus tard. Certaines banques, pas l’ensemble du système bancaire russe. Présenter la situation initiale comme inchangée serait trompeur. (consilium.europa.eu)
Le 2 mars également, l’Assemblée générale de l’ONU exigeait le retrait des forces russes. Cette résolution n’était pas contraignante, mais elle posait un repère politique clair : la souveraineté ukrainienne ne pouvait être effacée par une décision du Kremlin. (unsdg.un.org)
Ce qu’il faut retenir
Le 24 février 2022 marque le passage à l’invasion russe à grande échelle. Les tensions antérieures expliquent le contexte ; elles ne transforment pas l’agression en fatalité. Défendre la paix suppose de nommer l’invasion, de protéger les civils et de respecter la souveraineté ukrainienne. Une paix imposée sous les bombes reste une contrainte, pas un consentement. (unsdg.un.org)
