
Enquête Affaire Epstein : Les sollicitations d’une entrepreneuse française auprès de Jeffrey Epstein
Les millions de documents rendus publics par la justice américaine dans le cadre des « Epstein Files » révèlent qu’une entrepreneuse française a entretenu une relation suivie avec Jeffrey Epstein de 2009 à 2019. Leurs échanges de mails, consultés par l’Agence de vérification de Radio France, montrent des sollicitations répétées, tant financières que personnelles.
Cette entrepreneuse, que nous appellerons Julie*, vit actuellement au Royaume-Uni. Fondatrice au début des années 2000 d’une société d’organisation d’événements de luxe basée à Londres, elle se spécialise dans les célébrités, l’hôtellerie haut de gamme et les événements sportifs, selon son profil LinkedIn. Aujourd’hui, elle dirige une marque de parfum, dont l’existence et l’activité sont confirmées par des documents officiels britanniques et français.
Julie a rencontré Jeffrey Epstein à la fin des années 1990, par l’intermédiaire du prince Andrew, avec qui elle avait une relation à l’époque. À cette période, elle avait une vingtaine d’années. Les registres de vols publiés dans les Epstein Files montrent qu’elle a volé plusieurs fois à bord de l’avion privé de Jeffrey Epstein, le « Lolita Express ». Les premiers échanges de mail avec Epstein datent de 2009, affichant un ton très affectif où Julie évoque l’idée de construire une vie avec lui. Les échanges de 2012 sont explicitement intimes, incluant des invitations sur la Côte d’Azur et des expressions de jalousie.
À partir de 2013, Julie commence à solliciter Epstein pour des projets concrets et de l’argent. Dans un échange, elle utilise une métaphore pour répondre à sa demande d’aide pour trouver un assistant : « C’est comme si tu me demandais de jouer du violon sans instrument. Donne-moi le pouvoir d’en acheter un et je pourrai te faire écouter du Mozart. » Epstein lui répond, « Ok, de quoi as-tu besoin ? ». Quelques jours plus tard, elle lui écrit qu’elle a besoin d’acheter une agence de mannequins pour lui.
En février 2014, Julie avance dans ses projets et lui demande s’il est prêt à investir environ six millions d’euros, proposant de gérer l’agence et de garder des parts. Epstein montre de l’intérêt, mais sans engagement formel.
Les sollicitations ne s’arrêtent pas à l’agence de mannequins. En juin 2013, elle demande de l’aide pour supprimer une vidéo compromettante impliquant un de ses amis, et Epstein lui recommande des spécialistes à New York. En mars 2013, elle mentionne un projet à Monaco nécessitant un investissement de 300 millions d’euros. Plus tard, elle sollicite Epstein pour des contacts avec des personnalités telles que J.K. Rowling et pour des conseils juridiques.
En mars 2019, Julie propose un projet de parfum innovant, mêlant neurosciences et olfaction, et sollicite un investissement de deux millions d’euros, dont 500 000 euros rapidement. Elle évoque des collaborations avec des chercheurs de renom et demande à Epstein s’il connaît des investisseurs privés. Bien qu’il montre de l’intérêt, il ne s’engage pas.
Le 10 juillet 2019, après l’arrestation d’Epstein, Julie lui envoie un mail où elle conteste les accusations portées contre lui, le décrivant comme un homme qui n’agirait jamais mal avec une femme. Jeffrey Epstein meurt en août 2019 dans sa cellule new-yorkaise.
La marque de parfum mentionnée dans les échanges de 2019 est aujourd’hui enregistrée au Royaume-Uni, avec Julie comme directrice et unique actionnaire. Des modifications administratives ont été déposées en janvier 2026, et la société est également enregistrée en France.
L’Agence de vérification de Radio France a tenté de contacter Julie à deux reprises, mais n’a pas reçu de réponse définitive.
*Le prénom a été modifié.
Source : Agence de vérification de Radio France.





