
Économie sociale et solidaire : une étude pour adapter la relance après la crise
Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’Agence française de développement (AFD) ont lancé, le 6 mai, une mission d’étude stratégique sur l’économie sociale et solidaire (ESS). Ce projet, financé à hauteur de 7,5 millions de francs par l’AFD, s’étendra sur six mois, avec des résultats prévus d’ici la fin de l’année.
L’objectif principal de cette étude est d’actualiser les données et d’adapter les dispositifs publics à un secteur qui a été profondément affecté par la crise de 2024. Selon Naïa Watéou, membre du gouvernement chargée de la structuration de l’ESS, « Vouloir structurer quelque chose lorsqu’on ne sait plus ce que cela représente devient problématique ».
Avant les émeutes, l’ESS représentait déjà une part significative de l’économie locale. Une étude de l’AFD réalisée en 2021, en collaboration avec la Banque des Territoires, a montré que ce secteur compte environ 14 000 structures, incluant des associations, coopératives, mutuelles et fondations, soit près de 23 % des entités économiques. Il emploie plus de 5 600 personnes, avec une masse salariale estimée à 12 milliards de francs, représentant 1,7 % du PIB.
Cependant, la crise a gravement fragilisé cet écosystème. Une enquête menée par l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee) entre novembre et décembre 2024 a révélé que 97 % des associations employeuses ont subi les conséquences de la crise, dont 56 % de manière « sévère ou critique ». Le gouvernement a également mentionné plusieurs centaines de structures contraintes de suspendre leurs activités, entraînant d’importantes pertes de ressources et d’emplois.
Dans ce contexte, la mission d’étude vise à identifier les besoins des structures encore actives et à ajuster les aides. Naïa Watéou a précisé que l’idée est de « aller à leur rencontre, de mettre à jour les informations et d’adapter nos dispositifs d’accompagnement ».
Cette initiative s’inscrit dans un travail engagé depuis 2021 avec l’AFD, suivi d’une étude sur l’impact de la crise à la demande du secteur associatif en 2025.
Pour l’AFD, cette nouvelle étape doit déboucher sur des réponses opérationnelles concrètes. Julie Doiteau, directrice adjointe de l’AFD Nouvelle-Calédonie, a rappelé que des besoins concrets avaient déjà été identifiés, tels que l’accompagnement administratif, les ressources humaines et l’accès aux financements.
Le gouvernement souhaite faire de l’ESS un véritable levier de relance, en tenant compte des spécificités locales et en intégrant les groupements de droit particulier local (GDPL). Les premières orientations issues de cette étude devraient être disponibles d’ici la fin de l’année.
Source : Agence française de développement (AFD)






