L’assassinat de deux membres du grand banditisme dans la prison d’Ajaccio : un acte marquant du FLNC

L’assassinat, en 1984, de deux membres du grand banditisme par un commando de militants nationalistes à l’intérieur de la prison d’Ajaccio reste l’une des actions les plus marquantes du FLNC. Le mouvement clandestin voulait ainsi venger la mort de Guy Orsoni. Récit.

En 1984, Paul Ceccaldi, ancien militant nationaliste, est incarcéré pour attentat à l’explosif. Il est témoin direct lorsqu’un commando de trois hommes du FLNC pénètre dans la maison d’arrêt d’Ajaccio pour abattre plusieurs membres de la bande du Valincu, responsables de l’enlèvement et de la mort de Guy Orsoni en juin 1983. À l’époque, Orsoni, âgé de 23 ans, était un pilier du mouvement clandestin aux côtés de son frère, Alain Orsoni.

Lors de la reddition du commando, Ceccaldi se souvient : « Quand le commando s’est finalement rendu, et que les forces de l’ordre sont entrées dans la prison d’Ajaccio pour reprendre le contrôle, 80 à 90 % de la population pénale scandait « FLN, FLN ! ». Ça a été un moment assez fort et impressionnant. »

Ceccaldi décrit également les circonstances qui ont permis aux militants de déjouer la sécurité de la prison. Les surveillants ouvraient les portes pour sortir les poubelles, ce qui facilitait l’entrée du commando.

À 6h15, le 7 juin 1984, les trois militants se présentent devant la prison. Deux d’entre eux sont déguisés en gendarmes, tandis que le troisième se fait passer pour un détenu. Deux autres complices, Jean-Dominique Vespirini et Georges Moretti, attendent à proximité dans une camionnette.

Le commando prend en otage les gardiens et se dirige vers les cellules où dorment Jean-Marc Leccia et Salvatore Contini. Lors de leur procès en juillet 1985, ils témoignent avoir été réveillés par la phrase : « Tu as rendez-vous avec Guy Orsoni », avant d’être abattus.

Ceccaldi a entendu les détonations et, peu après, il et un autre détenu se dirigent vers la sortie, mais se retrouvent bloqués par les forces de l’ordre déjà présentes. Ceccaldi et son compagnon seront jugés pour tentative d’évasion, mais seront acquittés.

Pierre Albertini, Bernard Pantalacci et Pantaleon Alessandri seront condamnés à 8 ans de prison pour assassinats, tandis que Vespirini et Moretti écopent de 3 ans et demi pour complicité d’assassinat.

Cet événement a marqué un tournant dans l’histoire du FLNC et a eu des répercussions importantes sur la dynamique de la violence en Corse.

Source : France 3 Régions.

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