Les surveillants du centre pénitentiaire de Ducos entament un mouvement de blocage total

Le centre pénitentiaire de Ducos, en Martinique, est le théâtre d’un mouvement de blocage total, s’inscrivant dans un appel national à la mobilisation des établissements pénitentiaires. Les surveillants dénoncent une situation devenue « intenable », marquée par un manque d’effectifs, une sécurité fragilisée et des conditions de travail dégradantes.

La colère des agents s’est intensifiée suite à une décision jugée insuffisante de la Direction de l’administration pénitentiaire, qui a attribué uniquement six postes pour l’ensemble du bassin Antilles-Guyane, alors que plus de 70 postes restent vacants.

Une situation « historique » au centre pénitentiaire de Ducos

La mobilisation a débuté à 4 heures du matin. Stéphane Lordelot, secrétaire général de l’UFAP-UNSA Justice Martinique, souligne que « le manque d’effectifs ne se conjugue pas du tout avec la surpopulation carcérale historique à laquelle nous sommes en proie. D’ici septembre 2026, l’établissement pourrait compter 34 agents en moins sur un total de 294 surveillants. » La pénurie d’agents pèse lourdement sur des équipes déjà épuisées.

Surpopulation, insécurité et tensions croissantes

Le syndicat UFAP-UNSA Justice Martinique met en avant que la montée de la criminalité organisée et du trafic de stupéfiants entraîne une augmentation du nombre de détenus dans un établissement déjà saturé. Lordelot déclare : « Avec plus de 100 matelas au sol, la situation favorise la délinquance. La promiscuité entre détenus de droit commun et figures du grand banditisme complique encore plus la gestion quotidienne et compromet les missions de réinsertion. »

Un blocage aux conséquences lourdes

Ce mouvement risque de paralyser une grande partie de l’activité pénitentiaire. Les transfèrements vers les juridictions seront suspendus, tout comme de nombreuses activités internes. Selon le syndicat, seules certaines missions essentielles, comme l’accès aux soins, pourraient être assurées au cas par cas. « Le fonctionnement intérieur sera quasiment inexistant », prévient le syndicat.

Une mobilisation pour « imposer le respect »

Au-delà des revendications immédiates, les surveillants cherchent à dénoncer un sentiment d’abandon. L’éloignement géographique, à 8 000 kilomètres de l’administration centrale, accentue les inégalités de traitement. « Le point de rupture est atteint », martèle Lordelot, espérant que cette mobilisation, qualifiée d’« historique », permettra d’obtenir des moyens à la hauteur des enjeux et une reconnaissance de leur engagement sur le terrain.

Source : La1ere.franceinfo.fr

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire