
Dossiers Epstein : au Royaume-Uni, l’affaire Mandelson rebondit et fragilise Keir Starmer
Le scandale entourant Peter Mandelson, ancien ministre britannique, prend une nouvelle tournure, mettant le Premier ministre travailliste Keir Starmer dans une position délicate. Selon des révélations du quotidien The Guardian, publiées le 16 avril et partiellement confirmées par le 10 Downing Street, Mandelson aurait échoué à obtenir l’autorisation requise pour sa nomination en tant qu’ambassadeur aux États-Unis.
Avant sa nomination, le service chargé de l’examen de son profil aurait signalé au ministère des Affaires étrangères que les « facteurs de risques » liés à sa personne devaient mener à un refus d’habilitation de sécurité. Ces facteurs incluent des conflits d’intérêt et une relation documentée avec Jeffrey Epstein, un pédocriminel notoire.
Décision “rarissime”
La décision de l’administration a été rendue fin janvier 2025, alors que Starmer avait déjà annoncé la nomination de Mandelson, espérant que son expérience politique renforcerait les relations entre Londres et Washington, notamment avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Face à un dilemme, les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères ont choisi d’ignorer les recommandations des services de sécurité, une décision jugée « rarissime » par The Guardian.
Mandelson a été intronisé comme prévu, mais a quitté ses fonctions huit mois plus tard, après la publication de nouveaux éléments concernant sa proximité avec Epstein. En janvier dernier, des documents supplémentaires ont révélé l’étendue de leurs liens, entraînant la démission de Morgan McSweeney, directeur de cabinet de Starmer, qui avait proposé Mandelson pour le poste.
Le fusible Olly Robins
En réponse aux révélations, Downing Street a mis en cause le ministère des Affaires étrangères, affirmant que ni le Premier ministre ni aucun ministre n’étaient au courant du choix d’accorder l’habilitation malgré un avis défavorable. Olly Robbins, haut fonctionnaire du ministère, a été limogé.
Cette situation soulève des questions sur la décision de Starmer de nommer Mandelson. Le Premier ministre est désormais sous pression pour clarifier s’il a induit le public en erreur en affirmant que le processus de vérification avait abouti à un avis favorable.
Les leaders du Parti conservateur et des Libéraux-démocrates ont appelé à la démission de Starmer, qui fait face à des élections locales cruciales dans trois semaines, alors que son parti est annoncé comme devant subir des pertes significatives.
Sources : The Guardian, The Spectator





