
Dix ans après les attentats de Bruxelles : Christelle Giovannetti, voix des victimes
Le 22 mars 2016, la Belgique est frappée par des attentats terroristes, les plus meurtriers de son histoire. À 7h58, deux bombes explosent à l’aéroport de Zaventem, suivies d’une troisième explosion dans une rame de métro à la station Maelbeek, à Bruxelles. Ces attentats-suicides ont causé 36 morts et environ 350 blessés.
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Christelle Giovannetti, une des survivantes, a partagé son expérience à maintes reprises au cours de la dernière décennie. Sa voix, empreinte de fragilité et d’accent du sud de la France, a résonné lors des commémorations, des procès et dans les médias.
Un engagement sans relâche
Christelle a été rapidement reconnue comme une figure emblématique des attentats. Après avoir rejoint l’association d’aide aux victimes d’actes de terrorisme, Life for Brussels, elle en est devenue porte-parole. Elle a témoigné de son parcours et de son combat pour la reconnaissance des victimes.
Lors du procès des attentats, qui s’est tenu de novembre 2022 à septembre 2023, elle a assisté à toutes les audiences et a même rencontré le seul terroriste survivant, Mohamed Abrini, pour lui poser les questions restées sans réponse.
Son engagement s’est étendu au collectif « Retissons du lien », qui favorise le dialogue entre victimes d’attentats et familles de djihadistes radicalisés. Elle participe régulièrement à des rencontres avec des prisonniers, dans le cadre d’une démarche de justice restauratrice visant à réparer les liens sociaux.
Un parcours marqué par la souffrance
Christelle Giovannetti, éducatrice spécialisée et déléguée syndicale, a toujours eu une grande empathie pour la souffrance des autres. Cependant, elle a également dû faire face à des défis personnels, notamment des séquelles psychologiques de l’attentat et un manque de suivi médical après sa sortie de l’hôpital.
Elle a exprimé son indignation face à l’absence de soutien psycho-médical et à la minimisation de ses blessures par le système. Elle a souvent ressenti que son statut de victime était perçu comme « secondaire », mais elle a transformé cette douleur en force pour défendre les droits des victimes.
Un appel à la mémoire
Christelle a choisi de porter cette « charge mémorielle », un travail de mémoire qui honore les victimes et sensibilise les jeunes générations. Pour elle, il est crucial de se souvenir des événements tragiques et de les partager, surtout avec ceux qui ne les ont pas vécus.
Dix ans après les attentats, elle affirme qu’il est essentiel de continuer à parler de ces événements, non seulement pour commémorer, mais aussi pour prévenir de futures violences. Christelle Giovannetti refuse de « tourner la page », considérant le 22 mars comme un événement indélébile dans sa vie et celle de la société belge.
Source : RTBF, Life for Brussels






