

Le déploiement massif de l’intelligence artificielle dans les entreprises soulève une question cruciale : assistons-nous à l’émergence d’une « jobapocalypse », une vague de suppressions d’emplois due à l’automatisation ? Bien que l’impact global de l’IA sur le marché du travail soit encore difficile à évaluer, certains métiers semblent déjà particulièrement vulnérables, notamment dans les secteurs où les femmes sont majoritaires.
Publié le :
3 min Temps de lecture
Le 7 mai 2026, l’entreprise allemande DeepL a annoncé la suppression d’environ un quart de ses effectifs afin « d’intégrer davantage l’intelligence artificielle dans son fonctionnement » et de rester compétitive dans cette technologie en pleine expansion. « Nous réduisons les effectifs globaux de DeepL d’environ 250 postes », a déclaré son directeur Jarek Kutylowski sur LinkedIn.
Fondée en 2017 à Cologne, l’entreprise, qui emploie près d’un millier de personnes, développe des outils de traduction automatique pour le texte, les documents et la voix en temps réel.
Le fondateur de DeepL a exprimé son intention de « transformer en profondeur le fonctionnement » de son entreprise en intégrant l’IA à tous les niveaux. L’IA prendra en charge « les tâches routinières », permettant à « l’humain » de se concentrer sur des aspects comme « l’intuition, la créativité, et la gestion des projets de A à Z ». L’IA est déjà largement intégrée en interne, notamment dans « l’ingénierie des produits » et le « soutien aux clients ».
À lire aussiComment l’IA a déjà commencé à remodeler le marché du travail
Six millions d’emplois menacés aux États-Unis, dont 85 % occupés par des femmes
Ces derniers mois, les annonces de suppressions d’emplois chez les grands groupes technologiques engagés dans une course à l’IA se sont multipliées. Cette transformation pourrait avoir des conséquences sociales importantes. Les métiers comme le secrétariat, l’assistance de direction ou les postes d’accueil figurent parmi les professions les plus exposées à l’automatisation. Selon l’institut américain Brookings, environ six millions d’emplois de ce type seraient menacés aux États-Unis, dont 85 % sont occupés par des femmes.
« C’est important de savoir que l’intelligence artificielle arrive dans un marché du travail qui est inégal à la base. Ce qu’elle va faire, c’est renforcer les inégalités déjà présentes ainsi que le niveau de précarité. L’intelligence artificielle n’arrive pas dans un marché du travail neutre », souligne Aida Ponce del Castillo, chercheuse à l’Institut européen des syndicats. Les travailleurs menacés peuvent également avoir des difficultés à rebondir, notamment en raison du coût des formations.
La chercheuse note également que « les femmes se posent plus de questions par rapport à l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle générative ». Selon la Harvard Business School, le taux d’utilisation de l’IA par les femmes est inférieur d’environ 25 % à celui des hommes.
De son côté, l’Organisation internationale du travail estime que près de 10 % des emplois occupés par des femmes dans les pays les plus riches sont menacés, avec un risque de baisse du taux d’emploi féminin et d’augmentation des inégalités salariales, des tendances observées aux États-Unis entre 2024 et 2025.
À lire et à écouter aussiL’IA : alliée ou ennemie de l’emploi ?
Source : RFI





