
Des propriétaires de maisons fissurées se mobilisent face au « risque argile »
C’est un des combats de la députée écologiste Sandrine Rousseau : sensibiliser au phénomène de retrait-gonflement des argiles et à ses conséquences. Elle était de passage ce mardi 5 mai à Rezé, près de Nantes, accueillie par la députée du même groupe Julie Laernoes et par un collectif d’habitants, dont les maisons sont chaque année de plus en plus fragilisées par de larges fissures.
De larges fissures barrent la façade d’une maison de ville de Rezé, quartier de la Classerie. Dans le voisinage, presque tous les pavillons sont concernés. Les habitants guettent au quotidien l’évolution des brèches. « Elle s’agrandit ou diminue en fonction des aléas climatiques, de la chaleur ou de l’humidité, l’argile travaille en dessous, » explique Laurent, l’un des propriétaires.
Pour Marie, une autre propriétaire, la situation est angoissante : « En 1996, il y a eu un ravalement avec une peinture imperméabilisante, mais le problème persiste, ça continue de fissurer à l’intérieur. » Des travaux estimés à 20 000 euros ne résolvent pas le problème.
En cause, le RGA ou retrait-gonflement des argiles. Ce phénomène de mouvements de rétractation et d’extension des sols dépend de l’humidité : ils se rétractent en période de sécheresse et gonflent lorsqu’ils se réhydratent. Ce mécanisme est aggravé par le réchauffement climatique et les épisodes météo extrêmes, fragilisant des bâtiments dont les fondations n’ont pas été conçues pour ces variations.
En France, le phénomène est désormais considéré comme massif : plus de la moitié des maisons sont construites sur des sols exposés, et 240 000 sinistres ont été recensés entre 2018 et 2022, soit plus de la moitié des sinistres depuis 1989.
À Rezé, les propriétaires espèrent une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle pour être indemnisés. Cependant, ce système est largement contesté. La Cour des comptes a récemment alerté sur le fait que l’équilibre du régime CatNat est menacé par le changement climatique, entraînant une explosion des coûts des catastrophes naturelles dans les années à venir.
Pour Sandrine Rousseau, porteuse d’un projet de loi visant à mieux indemniser les dégâts causés par le RGA, « 16 millions de maisons sont concernées, le RGA, c’est une bombe sociale. » Elle déplore que seuls les dommages affectant la solidité du bâtiment soient pris en charge, laissant de nombreux sinistrés sans solution.
Dans la Sarthe, plusieurs associations de sinistrés ont vu le jour. À Rezé, une vingtaine d’habitants se sont regroupés dans un collectif pour faire entendre leur voix. Ensemble, ils espèrent obtenir une meilleure reconnaissance de leurs droits et de leurs besoins.
Source : France Télévisions





