
Liberté de la presse : des journalistes soudanais honorés pour leur courage
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Depuis le début de la guerre civile en avril 2023, le Syndicat des journalistes soudanais a enregistré la mort de 32 journalistes et 556 violations à l’encontre des professionnels des médias. De nombreux journaux et stations de radio ont suspendu leurs activités, plaçant le Soudan parmi les environnements les plus dangereux au monde pour exercer le journalisme.
Courage exceptionnel
Khaled El-Enany, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a déclaré : « Les membres du Syndicat ont fait preuve d’un courage exceptionnel et d’un dévouement sans faille. » Malgré les risques, ces journalistes continuent de fournir des informations précises et vitales à leurs communautés, contribuant ainsi à la vérité, à la responsabilité et à la paix.
Abdelmoniem Abuedries Ali, président du Syndicat, a souligné que cette distinction rend hommage à tous les journalistes soudanais qui défendent la vérité et la liberté de la presse dans des conditions extrêmement difficiles. Cette annonce coïncide avec l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, suivie par la Conférence mondiale de l’UNESCO à Lusaka, en Zambie, du 4 au 6 mai.

Le Soudan transformé en « zone de silence »
La guerre a gravement dégradé le paysage médiatique au Soudan, avec près de 90 % des infrastructures détruites. Les journalistes font face à des menaces, des arrestations et des coupures d’Internet, ce qui les contraint à travailler dans des conditions précaires ou à cesser leurs activités. Ce contexte a créé une « zone de silence » où la désinformation et la propagande prolifèrent.
Pour remédier à cette situation, l’UNESCO soutient le Forum des médias soudanais et a contribué à la création d’espaces sécurisés pour les journalistes à Port-Soudan. Au-delà du Soudan, l’UNESCO met en lumière une détérioration globale de la liberté de la presse, avec une baisse de 10 % de la liberté d’expression depuis 2012 et une augmentation de 69 % de l’autocensure à l’échelle mondiale.
Violences en ligne : les femmes journalistes visées
Les violences en ligne à l’encontre des femmes journalistes se multiplient, affectant leur santé mentale et leur liberté d’expression. Un rapport d’ONU Femmes indique que les signalements de violences numériques ont doublé depuis 2020 parmi les femmes journalistes. Près de 50 % d’entre elles s’autocensurent sur les réseaux sociaux pour éviter le harcèlement.
Des violences de plus en plus sophistiquées
Le rapport souligne également des formes de violence de plus en plus sophistiquées, amplifiées par les technologies numériques. Environ 12 % des femmes interrogées ont subi la diffusion non consentie d’images personnelles, tandis que 6 % ont été ciblées par des « deepfakes ». Ces attaques, souvent coordonnées, visent à discréditer les femmes et à les exclure du débat public.
Face à cette crise, Kalliopi Mingerou, Cheffe de la Section de l’élimination de la violence à l’égard des femmes d’ONU Femmes, appelle à une réponse urgente, soulignant que moins de 40 % des pays disposent de législations adéquates pour protéger les femmes contre les violences numériques.
Source : UNESCO, ONU Femmes






