Hantavirus : Pourquoi la gestion de l’épidémie par les autorités américaines est-elle déjà critiquée ?

L’apparition de plusieurs cas d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, ayant entraîné trois décès confirmés, soulève des questions sur la capacité des États-Unis à gérer une crise sanitaire émergente. Depuis le début de cette situation, la communication des autorités américaines a été critiquée par des spécialistes, tandis que l’administration Trump et le président tentent de rassurer sur le niveau réel de menace.

Le premier décès lié à l’hantavirus a été signalé le 11 avril chez un passager néerlandais. Pourtant, le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) n’a publié sa première prise de parole officielle que le 6 mai. Carlos del Rio, spécialiste de santé publique à l’université Emory à Atlanta, s’interroge sur cette réaction tardive. Il souligne que le CDC publie habituellement des alertes sanitaires et estime qu’une équipe aurait dû être rapidement envoyée sur place, qualifiant le silence de l’institution de santé publique de préoccupant.

Des experts estiment que cette situation reflète les difficultés actuelles du système sanitaire américain, aggravées par des réductions budgétaires et des suppressions de postes. Jeanne Marrazzo, responsable de l’Infectious Disease Society of America, considère cet épisode comme un avertissement sur la préparation du pays face à des crises sanitaires. Elle déclare : « Je suis désolée de dire qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas prêts. »

Des critiques similaires sont relayées par le HuffPost, où l’épidémiologiste Jessica Malaty Rivera affirme que le CDC ne répond pas de manière suffisante, notamment depuis le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle indique que Washington ne joue plus le rôle central qu’il aurait pu avoir dans la coordination scientifique et le suivi international de l’épidémie.

Néanmoins, plusieurs spécialistes appellent à éviter la dramatisation. Katrine Wallace, épidémiologiste, insiste sur le fait que les données actuelles montrent un faible risque pour le grand public et que l’hantavirus ne présente pas le même potentiel de diffusion que le Covid-19. Aucun changement de comportement n’est recommandé pour la population générale à ce stade.

Face aux critiques, les autorités américaines cherchent à apaiser les inquiétudes. Jay Bhattacharya, directeur par intérim du CDC, affirme que « ce n’est pas le Covid et nous ne voulons pas le traiter comme le Covid », ajoutant que les protocoles appliqués contre l’hantavirus ont déjà permis de contenir des épidémies dans le passé.

Les autorités sanitaires américaines ont confirmé que 18 passagers américains présents sur le navire ont été transférés vers une unité de quarantaine dans le Nebraska pour surveillance et évaluation. D’autres voyageurs revenus plus tôt aux États-Unis font l’objet d’un suivi médical sans présenter de symptômes connus.

Cette situation semble alimenter une défiance croissante envers les institutions sanitaires américaines. Un sondage relayé sur Internet indique que 81 % des participants ne font pas confiance au gouvernement pour gérer cette épidémie d’hantavirus, tandis que 19 % expriment leur confiance. Malgré les critiques, l’OMS continue de collaborer quotidiennement avec les autorités américaines sur les aspects scientifiques et techniques du dossier.

Source : 20 Minutes

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