
L’Université Côte d’Azur en crise financière : mobilisations et réponses politiques
La situation de l’Université Côte d’Azur est devenue un sujet de préoccupation majeure pour les étudiants, les élus et l’État. Une motion d’alerte grave, une intervention au Sénat et une réponse gouvernementale détaillée révèlent un établissement sous pression budgétaire, avec des conséquences potentielles sur l’accès à l’enseignement supérieur dès 2027.
Le 12 mars, la FACE06, une association étudiante, a annoncé qu’une motion d’« alerte grave » serait soumise au conseil d’administration le 16 mars. Selon cette motion, l’université « n’a plus aujourd’hui les moyens financiers de fonctionner normalement ». Les étudiants signalent un manque à gagner annuel de 5,4 millions d’euros, des financements publics en baisse par rapport à 2013 et des réserves qui pourraient être épuisées en moins de deux ans.
Les conséquences de cette crise sont immédiates. La fédération des étudiants prévient que « dès la rentrée 2027, jusqu’à une place sur quatre pourrait disparaître ». Cela pourrait entraîner la fermeture de certaines filières et une réduction de l’offre de formation, limitant ainsi l’accès à l’enseignement supérieur pour les lycéens de la région, notamment ceux en licence L1 et L2.
Interpellations au Sénat
Cette alerte a été relayée au Sénat par Alexandra Borchio Fontimp, qui a évoqué une trajectoire budgétaire préoccupante. Lors d’une question orale, elle a souligné la perte d’attractivité de l’université et la persistance d’une dotation inférieure à celle d’établissements comparables. La sénatrice a rappelé un recul de la dotation entre 2013 et 2015, avec un manque à gagner estimé à plus de 5 millions d’euros par an.
Elle a également mentionné des charges nouvelles depuis 2022, dépassant 10 millions d’euros, dues notamment aux revalorisations salariales et à l’augmentation des coûts énergétiques. Un rapport de l’Inspection générale souligne que l’université est « parmi les moins bien dotées par étudiant », avec un financement en moyenne 25 % inférieur à celui des autres établissements labellisés Initiatives d’Excellence.
Réponse du Gouvernement
En réponse à ces préoccupations, le ministre Philippe Tabarot a défendu les efforts du gouvernement. Il a annoncé une augmentation du budget du ministère de 350 millions d’euros par rapport à 2025, ainsi que 230 millions d’euros supplémentaires. Concernant l’Université Côte d’Azur, il a indiqué une hausse de la subvention pour charge de service public de 15 % entre 2017 et 2023 et une augmentation de 3,5 millions d’euros pour 2024.
Cependant, la baisse du montant global de la subvention en 2024 est attribuée à un ajustement lié aux surcoûts énergétiques, en raison de la diminution des coûts de l’énergie constatée cette année.
La situation de l’Université Côte d’Azur reste donc incertaine. Les alertes des étudiants, les interventions parlementaires et les réponses gouvernementales témoignent d’un débat en cours. Les mois à venir seront déterminants pour savoir si les engagements pris suffiront à stabiliser l’établissement et à préserver l’accès à l’enseignement supérieur dans la région.
Source : NicePremium




