
Ce que dit la loi
La douleur est aujourd’hui soutenue par plusieurs bases légales pour justifier et définir ses modalités de prise en charge. Selon l’article L1110-5 du Code de la Santé Publique : « Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée ». La prise en charge de la douleur constitue une obligation, renforcée par des plans de lutte successifs initiés par le gouvernement, connus sous le nom de « plans douleur ». Dans le cadre de son rôle, l’infirmier évalue également la douleur et l’efficacité des traitements associés, comme le stipule l’article R4311-2, 5° du Code de la santé publique.
Table des matières
- Ce que dit la loi
- Pour mémoire
- Physiologie de la douleur
- De la périphérie à la moelle épinière
- Les neurotransmetteurs
- De la moelle épinière au cerveau
- Modulation des messages nociceptifs
- Les différents types de douleur
- Douleur aigüe et chronique
- Douleurs par excès de nociception
- Douleurs neurogènes
- Douleur psychogène
- Évaluation de la douleur
- Échelle unidimensionnelle
- Évaluation chez l’enfant
- Les traitements antalgiques
- Paliers de l’OMS
- Rappels sur les morphiniques
- Tableau récapitulatif des antalgiques
Pour mémoire
- Devoirs généraux (art. 2) : « L’infirmier ou l’infirmière exerce sa profession dans le respect de la vie et de la personne humaine. Il respecte la dignité et l’intimité du patient et de sa famille. »
- Art 1 : « Prévenir et évaluer la souffrance et la détresse des personnes et participer à leur soulagement. »
Physiologie de la douleur
De la périphérie à la moelle épinière
Le message nociceptif provient d’une stimulation douloureuse au niveau des terminaisons nerveuses dans les tissus cutanés, musculaires, articulaires et viscéraux. Ce message est transporté par des nocicepteurs, qui sont des fibres nerveuses spécifiques.
Les nocicepteurs polymodaux C jouent un rôle clé dans la détection et le codage de l’intensité de la douleur. Ces fibres sont démyélinisées, tandis que d’autres fibres nociceptives, comme les A delta, sont peu myélinisées. La stimulation des terminaisons périphériques peut être directe ou induite par des facteurs chimiques tels que la bradykinine et l’histamine. La substance P est impliquée dans le processus d’inflammation neurogène.
Les neurotransmetteurs
- Substance P : Considérée comme le neurotransmetteur principal de la douleur.
- Glutamate : Libéré par les fibres afférentes de faible diamètre, il excite les neurones de la corne dorsale de la moelle.
De la moelle épinière au cerveau
Les neurones nociceptifs engendrent des voies spinales ascendantes qui transmettent les messages douloureux au cerveau, rendant le suivi de la douleur complexe.
Modulation des messages nociceptifs
Les messages nociceptifs sont modulés par des contrôles périphériques et supra-spinaux. Les fibres afférentes (A alpha et bêta) inhibent la nociception au niveau médullaire.
Les différents types de douleur
Douleur aigüe et chronique
- Douleur aigüe : Signal d’alarme, elle est récente et transitoire.
- Douleur chronique : Persistant au-delà de trois mois, elle impacte l’appétit et le sommeil.
Douleurs par excès de nociception
Elles résultent d’une stimulation excessive des récepteurs périphériques, entraînant une douleur intense associée à des phénomènes mécaniques, inflammatoires, thermiques ou chimiques.
Douleurs neurogènes
Ces douleurs ne proviennent pas de lésions tissulaires, mais d’une interruption des voies nociceptives, entraînant des troubles de la sensibilité.
Douleur psychogène
Ces douleurs n’ont pas de cause somatique et peuvent être liées à des facteurs psychologiques.
Évaluation de la douleur
Échelle unidimensionnelle
- Échelle verbale simple (EVS) : Évaluation de la douleur sur une échelle de 0 à 4.
- Échelle numérique (EN) : Notation de 0 à 10.
- Échelle Visuelle Analogique (EVA) : Utilisation d’une réglette pour situer la douleur.
Évaluation chez l’enfant
Des méthodes adaptées comme la planche de visages ou l’observation sont utilisées pour évaluer la douleur chez les enfants.
Les traitements antalgiques
Paliers de l’OMS
Les traitements antalgiques sont classés en trois paliers, allant des antalgiques périphériques aux morphiniques.
Rappels sur les morphiniques
La morphine, un antalgique central, agit sur les récepteurs opioïdes, mais peut entraîner des effets indésirables tels que constipation et dépression respiratoire.
Tableau récapitulatif des antalgiques
| PALIERS | DCI | NOMS | DOULEURS |
|---|---|---|---|
| I. Antalgiques périphériques | Aspirine | Kardégic, Aspégic | Douleurs faibles à modérées |
| Paracétamol | Doliprane, Dafalgan, Efféralgan | ||
| AINS | Profénid, Nifluril, Surgam, Nurofen | ||
| II. Antalgiques centraux faibles | Codéine + antalgique périphérique | Codoliprane, Efféralgan codéiné | Douleurs modérées à sévères |
| Néfopam | Acupan | ||
| III. Antalgiques centraux forts (Morphiniques) | Agoniste | Morphine, Skénan, Fentanyl, Moscontin, Alfentanyl | Douleurs très sévères et rebelles |
| Agoniste/antagoniste | Temgésic, Fortal, Nubain | ||
| Antagoniste | Narcan |
Source : Infirmiers.com





