Coupe du monde sous Trump : « Le consumérisme et le capitalisme à leur paroxysme »

Coupe du monde sous Trump : « Le consumérisme et le capitalisme à leur paroxysme »

Du 11 juin au 19 juillet 2026, les États-Unis, le Canada et le Mexique coorganisent la Coupe du monde masculine de football. Ce méga-événement est devenu un outil d’instrumentalisation pour Donald Trump, comme l’explique Carole Gomez, chercheuse associée à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris) en géopolitique du sport. Elle souligne que ce tournoi révèle les fragilités structurelles du sport-spectacle.

Le Mondial se déroulera dans 16 villes avec des estimations de 9 millions de tonnes de CO₂ émises, en grande partie dues aux déplacements en avion, ce qui pourrait en faire la compétition la plus carbonée de l’histoire. Trump, qui a retiré les États-Unis de l’Accord de Paris, trouve dans cet événement une parfaite illustration de son idéologie consumériste.

Gomez précise que cet événement était en préparation avant le retour de Trump au pouvoir, mais qu’il l’a récupéré à son avantage. Avec ses prix de billets exorbitants et sa promotion d’une Amérique victorieuse, il incarne le récit du Make America Great Again (MAGA), représentant une forme moderne de « pain et des jeux ».

La dynamique entre les coorganisateurs, notamment le Mexique et le Canada, sera également à surveiller. La cérémonie d’ouverture et le premier match se tiendront au Mexique, dont la présidente est en désaccord avec Trump sur plusieurs sujets, tout comme le Premier ministre canadien Mark Carney.

La désignation de cet événement a eu lieu sous le premier mandat de Trump. Initialement désintéressé, il s’est impliqué à l’approche du vote d’attribution en dénigrant ses concurrents, ce qui a suscité peu de réactions de la part de la FIFA.

Ce tournoi représente une plateforme d’autopromotion pour Trump, réunissant 48 équipes, soit un quart des pays membres de l’ONU, sur le sol nord-américain. Cela se déroule également durant les célébrations du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis.

La relation entre Trump et Gianni Infantino, président de la FIFA, est souvent simplifiée en une amitié personnelle, mais cela occulte les enjeux de pouvoir et de gouvernance sous-jacents. Infantino a exprimé son soutien à Trump lors de divers événements, renforçant ainsi un lien d’intérêts.

Les questions éthiques entourant le sport-business, notamment les liens avec des pays comme le Qatar et l’Arabie saoudite, soulèvent des préoccupations. Malgré les rapports d’ONG sur les violations des droits humains, ces sujets semblent manquer d’impact sur la perception publique.

En mars 2025, Trump a créé une « FIFA World Cup 2026 Task Force » pour superviser l’événement, intégrant des priorités à son agenda politique, comme la sécurité des frontières. Cette approche vise à détourner l’attention des véritables enjeux.

L’administration a également introduit un « FIFA Pass », un visa spécial pour les détenteurs de billets, qui soulève des questions sur la vision de l’hospitalité sous Trump. Cette logique exclut ceux qui ne peuvent pas payer, illustrant une approche restrictive.

Les préoccupations autour des droits des personnes LGBTQIA et des politiques transphobes sont également présentes, signalant un climat potentiellement hostile pour certains visiteurs.

Il est à craindre que ces questions disparaissent une fois le tournoi lancé, comme cela a été observé lors de précédentes compétitions. Les ONG et les chercheurs appellent à une mobilisation pour faire entendre ces problématiques avant le coup d’envoi.

Source: Reporterre

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