Corruption et favoritisme : sept anciens élus de Guadeloupe et de Guyane jugés en Martinique dans une affaire à plus de 2 millions d’euros

Corruption et favoritisme : sept anciens élus de Guadeloupe et de Guyane jugés en Martinique pour des faits dépassant 2 millions d’euros

Ce mercredi matin, le tribunal correctionnel de la juridiction interrégionale spécialisée de Fort-de-France a convoqué neuf prévenus dans le cadre d’une affaire de corruption, de favoritisme et d’atteinte aux règles des marchés publics. Seuls trois anciens élus ont comparu : Marie-Lucile Breslau, ancienne maire de Baillif (Guadeloupe), Georges Clairy, ancien maire de Vieux-Habitants (Guadeloupe), et Auguste Fernand, ex-maire de Montsinéry-Tonnégrande (Guyane).

Jean-Pierre Théodore Roumillac (Matoury, Guyane) et Louis Molinié (Terre-de-Haut, Guadeloupe) étaient absents mais représentés par leurs avocats. En revanche, aucune nouvelle de Serge Cazala, ancien conseiller municipal de Camopi (Guyane), ni de Claude Polony, ancien maire de Roura (Guyane).

Les prévenus sont accusés de pratiques illégales dans l’attribution de marchés publics entre 2006 et 2013, impliquant plusieurs communes de Guadeloupe et de Guyane. Les époux Lahmy, dirigeants des sociétés Images et Stratégies et Procité, considérés comme des protagonistes clés de l’affaire, sont également poursuivis pour corruption active, escroquerie et blanchiment, mais ont choisi de rester en Israël. Leurs avocats ont tenté de justifier leur absence par des certificats médicaux, mais un document en hébreu a été rejeté par la présidente du tribunal.

Concernant les parties civiles, seule la commune de Baillif, à l’origine de la plainte, était présente, tandis que d’autres collectivités, victimes dans cette affaire, n’étaient pas représentées.

Le montant total des sommes indûment facturées dépasse les 2 millions d’euros. Entre 2006 et 2013, trois communes de Guadeloupe et cinq de Guyane ont acquis du matériel (panneaux de signalisation, barrières de sécurité ou jeux pour enfants) en violation des règles de la commande publique, sans mise en concurrence, publicité adéquate, et en dépassant les seuils légaux. Ces équipements ont été facturés jusqu’à sept fois leur prix réel, entraînant un total de plus de 2,1 millions d’euros versés aux deux sociétés, avec une part significative provenant de la seule commune de Baillif.

En retour, les dirigeants des sociétés auraient offert divers avantages aux élus, tels que des enveloppes d’argent liquide, des billets d’avion ou des séjours à Paris. Certains élus ont reconnu avoir accepté ces propositions, tandis que d’autres affirment les avoir toujours refusées.

Source : Franceinfo

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