Une contamination au hantavirus dans une décharge d’Argentine ? Pourquoi cette hypothèse est contestée

Contamination au hantavirus dans une décharge d’Argentine : une hypothèse contestée

Une information récente a suscité une vive controverse en Argentine concernant une possible contamination au hantavirus dans une décharge près d’Ushuaia. Selon le New York Post, le premier cas connu de l’épidémie aurait été un touriste néerlandais, qui se serait rendu dans cette décharge pour observer un oiseau rare, ce qui aurait pu entraîner sa contamination par des rats à longue queue. Bien que le journal ait précisé que cette hypothèse n’était pas confirmée, elle a été largement relayée par les médias internationaux.

Cependant, cette théorie est contestée. Les enquêteurs n’ont pas établi que le potentiel patient zéro, qui a développé des symptômes à bord du MV Hondius, se soit rendu dans cette décharge. Bien que plusieurs passagers aient visité le site le 26 mars, le guide argentin Esteban Daniels a affirmé que le touriste infecté ne faisait pas partie de ce groupe ce jour-là.

De plus, la décharge n’est pas nécessairement le lieu d’origine de la contamination. Une mission scientifique argentine prévoit de se rendre à Ushuaia pour rechercher des rongeurs porteurs du hantavirus, mais le directeur de l’épidémiologie de la province de la Terre de Feu, Juan Petrina, a précisé que cette mission ne se rendrait pas dans la décharge, car les rongeurs présents sur le site sont urbains et non porteurs du virus.

Une souche encore non identifiée en Terre de Feu

Juan Pavlov, secrétaire à la politique étrangère de l’Institut du tourisme de la Terre de Feu, a également exprimé des doutes quant à l’origine du virus dans la décharge, notant que les travailleurs n’y ont jamais signalé de symptômes. Guillermo DeFerrari, biologiste au Centre austral d’investigations scientifiques d’Ushuaia, a suggéré que la contamination pourrait avoir eu lieu au Parc national de la Terre de Feu, un espace boisé prisé par les rats à longue queue.

Cependant, cette hypothèse est compliquée par le fait que la souche du virus identifiée chez les patients n’est pas endémique dans la région. Selon les autorités sanitaires argentines, le virus des Andes est habituellement présent dans trois provinces de la Patagonie argentine que le patient zéro n’a pas visitées.

Bras de fer entre Argentine et Chili

La souche du virus est également présente au Chili, mais les autorités chiliennes affirment que le patient zéro ne s’est pas rendu dans le pays pendant la période d’incubation du virus. Les autorités argentines contestent cette version, affirmant que la contamination au Chili ne peut pas être exclue.

Cette situation a conduit à des tensions entre l’Argentine et le Chili, chaque pays cherchant à éviter que l’épidémie de hantavirus ne soit associée à son territoire. Les responsables de la Terre de Feu, région prisée par les touristes, craignent que cette affaire n’altère l’image d’Ushuaia comme destination touristique.

En 2025, Ushuaia a attiré plus de 157 000 croisiéristes, presque le double de sa population locale. Les autorités locales espèrent que les enquêtes permettront de clarifier la situation et de dissiper les préoccupations concernant la sécurité sanitaire de la région.

Source : Le HuffPost, New York Times

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