Clip de campagne de 2026 : le verre de bière de Gabriel Attal interroge au regard de la loi Evin
Le clip de Gabriel Attal pour lancer l’opération « 1000 bistrots » montre l’ancien Premier ministre avec un verre de bière, dont la marque est visible à l’image. Des associations estiment que cette mise en scène contrevient à l’esprit de la loi Evin, qui encadre la publicité pour l’alcool. Mais, selon un avocat cité dans le dossier, l’issue d’un éventuel contentieux serait incertaine.
Un verre au cœur du clip de campagne
Publié sur le compte de Gabriel Attal le 7 septembre 2026, le clip présente son opération « 1000 bistrots », destinée, selon lui, à favoriser les rencontres et les échanges. Il y défend une campagne présidentielle qui ne se limiterait pas aux grands meetings, mais ferait aussi place aux discussions autour d’une table.
Dans les images, il marche avec une bière, s’assoit avec le verre et trinque. Une marque apparaît en transparence sur celui-ci à plusieurs moments. Le 10 septembre, après un premier rendez-vous de l’opération organisé à Saint-Malo, Gabriel Attal a de nouveau évoqué l’initiative sur les réseaux sociaux.
Interrogé en marge d’un déplacement dans un bistrot de la ville, il a défendu la place des boissons alcoolisées dans l’art de vivre à la française. Pour lui, boire un verre ne revient pas à promouvoir l’alcoolisme.
Les associations dénoncent une promotion de l’alcool
Addictions France a estimé que cette communication allait à l’encontre de la loi Evin, adoptée en 1991, qui encadre la publicité directe ou indirecte en faveur des boissons alcoolisées. Bernard Basset, président d’honneur de l’association, met notamment en cause la présence d’une marque sur le verre. Il invoque aussi la loi de juin 2023 sur les influenceurs, qui précise l’application de la loi Evin aux sites et aux créateurs de contenu.
Au-delà de la marque, les associations critiquent le rapprochement entre alcool et convivialité. Mickaël Naassila, président de la Société française d’addictologie, relève que le clip associe la bière aux rencontres et aux échanges. Bernard Basset souligne par ailleurs que le message sanitaire « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé » n’y apparaît pas.
Ces éléments constituent les arguments des associations, et non une décision de justice sur la légalité du clip. La question porte notamment sur la frontière entre informer ou communiquer sur une boisson et en faire la promotion.
Une réponse juridique qui reste incertaine
L’avocat en droit du numérique Etienne Deshoulières, qui conseille régulièrement des influenceurs, estime qu’un tribunal ne condamnerait pas nécessairement Gabriel Attal. Il rappelle qu’une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme datant de 1992 reconnaît une liberté d’expression étendue aux personnalités politiques en campagne.
Le dossier mettrait ainsi en tension les objectifs de santé publique, notamment la prévention de la consommation d’alcool chez les jeunes, et la liberté d’expression des candidats. Selon l’avocat, il n’existe pas de jurisprudence antérieure portant précisément sur cette combinaison. En l’absence de décision judiciaire sur ce cas, la conformité du clip à la loi Evin demeure donc une question ouverte.
Les faits et prises de position rapportés ont été publiés par Le vrai du faux le 11 septembre 2026.
Source : Le vrai du faux (www.sudouest.fr)
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