Chroniques d'un antifascisme ordinaire : Célia, « juste couturière et la rage au ventre »

Chroniques d’un antifascisme ordinaire : Célia, « juste couturière et la rage au ventre »

Célia, une couturière engagée, a su tisser des liens solides avec les habitants de son village. Récemment, elle a été invitée à un repas commémoratif des anciens de la guerre d’Algérie, un pays où elle a vu le jour et dont les ancêtres ont souffert de la colonisation française. Bien qu’elle n’ait pas encore décidé d’y participer, elle souligne l’importance du dialogue pour faire évoluer les consciences politiques.

Originaire d’Alger, Célia se remémore une enfance joyeuse, sans conscience de la guerre civile qui a poussé sa famille à émigrer en France. Installée à Malakoff, près de Nantes, elle apprécie la mixité culturelle de sa banlieue. Inspirée par son père, impliqué dans l’associatif interculturel, Célia s’engage également au sein de sa communauté. Chaque été, elle et ses amis distribuent des flyers pour proposer des services d’aide aux habitants.

Depuis deux ans, Célia participe à des initiatives telles que la fête de la soupe de Châteaubriant, qui célèbre la diversité culinaire avec des recettes ukrainiennes, marocaines, turques et géorgiennes. Cet événement, devenu populaire, favorise les échanges culturels. Elle s’investit aussi dans « Fier-es de Mouais », une pride rurale qui célèbre les différences, attirant de nombreux participants avec des festivités colorées.

Face à la montée des idées d’extrême droite, Célia et d’autres ont créé le collectif du 11 mars, un espace d’auto-formation pour contrer les discours racistes et complotistes. Les participants y préparent des exposés sur des sujets tels que le fémonationalisme et les discours anti-immigration, s’entraînant à débattre dans leurs environnements quotidiens.

Célia est également impliquée dans plusieurs collectifs, tels que « Réveillons la résistance ! », qui vise à raviver la mémoire locale de la lutte contre l’extrême droite, et l’association Solimé, qui aide les familles sans-abri. Elle tire son inspiration de son grand-père, un ingénieur algérien qui a construit des ponts, symbolisant son désir de relier les gens.

Célia conclut avec une phrase forte : « Je suis juste couturière, et j’ai la rage au ventre », affirmant que chacun peut contribuer à la résistance.

Source : Juliette Rousseau, L’Humanité

Source
Partager ici :
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire