Chaque année, des centaines de secousses sont enregistrées : les Pyrénées sous haute surveillance

À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des tremblements de terre, le sismologue Matthieu Sylvander, basé à Toulouse, surveille les Pyrénées, une des zones les plus exposées de France métropolitaine au risque sismique.

Sous le massif de la Maladeta, qui culmine à 3 312 mètres en Aragon, les scientifiques observent une activité sismique discrète mais réelle. Cette région, malgré son apparente tranquillité, est régulièrement secouée par de petits tremblements de terre.

Le 29 avril est devenu la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes des tremblements de terre, afin de se souvenir des victimes et de réduire les pertes futures. Les tremblements de terre sont parmi les catastrophes naturelles les plus meurtrières selon les Nations unies.

Le 24 avril 2026 à 08h07, un séisme d’une magnitude de 2,5 a été enregistré entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques, avec un épicentre proche d’Arthez-d’Asson et Argelès-Gazost.

« Chaque année, des centaines de secousses sont enregistrées dans les Pyrénées », indique Matthieu Sylvander, sismologue à l’Observatoire Midi-Pyrénées. La plupart de ces séismes sont de faible magnitude, comme celui récent autour de Saint-Paul-de-Fenouillet, estimé à magnitude 2, trop faible pour être ressenti mais détectable par les instruments.

Ces événements sont mesurés grâce à des sismomètres installés en profondeur, capables d’enregistrer en continu les vibrations du sol. Dans le sud-ouest de la France, une quarantaine de stations sont déployées, en lien avec des réseaux espagnols, permettant un suivi en temps réel.

Bien que les séismes soient principalement liés à la géologie, certains facteurs récents, tels que les fortes pluies et la fonte des neiges, pourraient influencer les séismes superficiels. Cependant, « aucun lien direct et clairement établi avec le changement climatique n’est encore confirmé », précise le sismologue.

Contrairement à d’autres régions du monde, les séismes pyrénéens ne sont plus principalement dus au mouvement des plaques tectoniques, mais plutôt à des réajustements internes de la chaîne montagneuse. L’érosion, en allégeant les sommets, entraîne des mouvements verticaux, générant des tensions qui peuvent se libérer sous forme de secousses.

« Notre mission est d’observer, pas de prédire », insiste Matthieu Sylvander. Les données collectées permettent d’établir des cartes d’aléa sismique, indiquant les zones où la probabilité de séisme est plus élevée.

Le risque dépend également de la vulnérabilité des bâtiments, la profondeur jouant un rôle clé. Un séisme puissant mais très profond peut passer inaperçu, tandis qu’un séisme modéré proche de la surface peut provoquer des dégâts importants. Cela a été le cas lors du séisme d’Arette (Pyrénées-Atlantiques) en 1967, qui a causé un mort et une vingtaine de blessés, détruisant 80 % du village.

Les Pyrénées ont déjà connu des séismes meurtriers, tels que celui de 1660 en Bigorre ou celui de 1428 en Catalogne. Bien que ces événements puissent théoriquement se reproduire, les normes de construction actuelles permettent de limiter fortement les dégâts.

En somme, les Pyrénées demeurent une zone géologiquement active : une activité discrète, surveillée en permanence, mais dont le moment des secousses échappe encore à toute prévision.

Source : France 3 Régions

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