

Le débat autour de la réforme du RNS a pris une tournure particulièrement tendue à Tarahoi. Au lendemain d’un avis favorable du Cesec à l’abrogation, la commission Santé a approuvé la proposition de loi des élus du Tavini, du Tapura et de A here ia Porinetia (Ahip) pour démanteler le texte du gouvernement.
Lors des échanges, Brotherson a dû faire face aux critiques des élues Hinamoeura Morgant-Cross et Nicole Sanquer, qui ont interpellé le président sur les contradictions et le flou juridique entourant le RNS. Des signes de division se sont même manifestés parmi les soutiens de l’exécutif, avec l’abstention des élus A fano ti’a lors du vote, indiquant selon Nuihau Laurey que « même pendant les débats, certains n’étaient pas convaincus par les arguments ».
Brotherson a tenté d’atténuer la contestation en proposant des amendements pour repousser l’application des mesures controversées au 1er janvier 2027, mais tous ont été rejetés. « On a ouvert la porte, elle s’est refermée de manière un peu abrupte », a-t-il commenté après la commission. Pour Nuihau Laurey, cette tentative de report illustre l’entêtement du président, qui « persiste dans le fait de vouloir mettre en exécution les dispositions de la loi ».
La situation est d’autant plus ironique que, quelques semaines auparavant, les élus Ahip réclamaient seulement une suspension de la réforme. Face à la rigidité de Brotherson et à une communication jugée alarmiste concernant les conséquences d’une éventuelle abrogation, Tapura et Tavini ont finalement opté pour un démantèlement complet du texte.
Les critiques se concentrent également sur la méthode de Brotherson, qui a multiplié les mises en garde sur les conséquences d’une abrogation. Bien qu’il réfute toute intimidation, il a affirmé que des personnes lui avaient fait part de leur intention de faire des recours.
Nicole Sanquer a accusé le gouvernement de mener une « campagne de désinformation », soulignant que la prise en charge des petits patentés prendra fin au 30 septembre 2026, sans que des critères clairs soient établis pour la suite. Elle a également contesté les chiffres avancés par Brotherson sur le nombre de personnes susceptibles de perdre leurs droits.
Sur le plan juridique, les contradictions se multiplient. Les opposants rappellent que la loi de 2022, votée par le Tavini, prévoyait des arrêtés d’application pour définir les modalités de cotisation des doubles affiliés, qui n’ont jamais été pris. Brotherson, quant à lui, a déclaré que ces arrêtés n’étaient pas nécessaires, estimant que l’obligation de cotiser s’appliquait déjà.
La prochaine étape se déroulera lors de la séance plénière du 21 mai, marquant un nouveau chapitre dans un feuilleton politique où les critiques s’accumulent autour de Moetai Brotherson, déterminé à maintenir sa ligne.
Source : Tahiti-Infos.




