
Un chiffre circule depuis quelques semaines : 13,26 % des Bordelais seraient inscrits sur Gleeden. Avant d’en tirer des conclusions hâtives sur la morale girondine, il vaut mieux comprendre ce que ce pourcentage mesure et surtout ce qu’il ne mesure pas du tout.
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D’abord, qu’est-ce que Gleeden ?
Lancé le 1er décembre 2009 par les frères français Teddy et Ravy Truchot, Gleeden est le premier site de rencontres extraconjugales assumé, conçu à l’origine pour les femmes. Avec plus de 3,3 millions de membres inscrits, il s’impose comme le leader européen de sa niche, face à des concurrents comme Ashley Madison, Victoria Milan ou Idilys. L’inscription est gratuite pour les femmes, payante pour les hommes via un système de crédits.
Un classement basé sur des inscrits, pas sur des comportements
Chaque année, Gleeden publie son palmarès des villes françaises les plus représentées sur sa plateforme. La méthode est simple : le nombre de membres actifs dans une ville est rapporté à sa population adulte.
Autrement dit, Bordeaux n’est pas « prouvée » première ville infidèle de France. Elle est la ville où la densité d’inscrits sur Gleeden est la plus élevée à l’échelle de sa population majeure. Nuance capitale, mais qui reste intéressante…
Le top 10 France 2026
Voici le top 10 des villes avec le plus d’inscrits sur Gleeden par rapport au nombre d’habitants.
|
Rang |
Ville |
Taux d’inscrits Gleeden |
|
1 |
Bordeaux |
13,26 % |
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2 |
Lille |
12,94 % |
|
3 |
Paris |
10,44 % |
|
4 |
Lyon |
9,60 % |
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5 |
Rennes |
8,28 % |
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6 |
Toulouse |
7,77 % |
|
7 |
Nantes |
7,27 % |
|
8 |
Montpellier |
6,72 % |
|
9 |
Strasbourg |
6,39 % |
|
10 |
Marseille |
3,20 % |
Le fossé entre Strasbourg (6,39 %) et Marseille (3,20 %) interpelle autant que la domination du podium par des métropoles régionales face à Paris, reléguée à la troisième place…
Bordeaux devant Paris : une situation qui s’explique
Ce n’est pas la première fois que Gleeden publie ce type de classement, mais la configuration 2026 est notable. En 2021, c’est Lille qui dominait le palmarès, devant Paris et Bordeaux selon un article de Capital s’appuyant sur la même méthodologie de ratio inscrits/habitants.
Gleeden avance plusieurs explications à ce rééquilibrage géographique :
- Les migrations post-Covid vers les villes intermédiaires ont gonflé la base d’utilisateurs hors Paris.
- Le développement du télétravail a modifié les rythmes de vie et les comportements en ligne.
- L’attractivité résidentielle de Bordeaux depuis 2015 a densifié sa population active et jeune.
En clair : si Bordeaux grimpe, c’est moins parce que ses habitants auraient « changé » que parce que sa démographie s’est profondément transformée.
Un classement à prendre avec des pincettes
Le principal biais de ce classement, c’est l’auto-sélection. On ne recense que des personnes ayant déjà choisi Gleeden, sur une niche très précise : les rencontres extraconjugales assumées. Ça exclut :
- Les infidèles qui utilisent d’autres canaux (autres applis, réseaux sociaux, IRL).
- Les personnes en couple ouvert ou en relation libre.
- L’immense majorité de la population adulte qui n’est pas inscrite sur ce type de plateforme.
Pour obtenir une mesure sociologique fiable de l’infidélité, il faudrait se tourner vers des baromètres indépendants comme les sondages IFOP sur les comportements conjugaux où ce sont des individus qui déclarent leurs pratiques, sans filtre commercial.
Bordeaux, place forte de Gleeden mais pas capitale de l’adultère
Ce classement dit quelque chose d’utile sur la géographie commerciale d’une plateforme et sur les dynamiques urbaines de la France post-Covid. Il ne dit rien de définitif sur la fidélité des Bordelais, des Lillois ou des Parisiens. Et heureusement !
Ce que Bordeaux occupe en 2026, c’est la première place d’un indicateur de fréquentation – pas le podium d’un baromètre scientifique. La distinction est moins anecdotique qu’elle n’y paraît, surtout quand un chiffre à deux décimales finit par s’imposer comme une vérité sur toute une ville.
Sources :
- Étude Gleeden 2026
- Image : © Drazen Zigic




