
Mon corps ne ressemble pas à ce que je voudrais mais il est magnifique quand même : les contradictions du body positive
Le mouvement body positive, souvent associé à l’essor des réseaux sociaux, a des racines qui plongent bien plus loin dans le temps, remontant aux années 1960 et 1970. À cette époque, des femmes ont commencé à s’exprimer pour revendiquer que leur corps n’avait pas à se conformer à un modèle unique pour être considéré comme digne et beau. Ce combat pour l’acceptation de soi a pris une nouvelle dimension avec la création, en 1996, de l’association The Body Positive par Connie Sobczak et Elizabeth Scott, visant à aider les individus à accepter leur corps et à lutter contre les troubles alimentaires.
Avec l’avènement des réseaux sociaux, le mouvement a pris une ampleur considérable, permettant à un large public de dénoncer la grossophobie et la marginalisation des corps jugés « hors norme ». Cependant, cette popularité a également conduit à une appropriation de l’hashtag body positive par des personnes dont le corps correspondait déjà aux standards de beauté dominants. Ces dernières ont partagé d’autres formes de vulnérabilités, telles que des vergetures ou des cicatrices, élargissant ainsi la définition de l’acceptation de soi.
Cette évolution a suscité des débats au sein même du mouvement. Certains de ses membres historiques critiquent cette appropriation, la considérant comme une dilution de l’objectif initial : combattre la grossophobie et défendre les personnes les plus stigmatisées par les normes de beauté.
En conclusion, le body positive, tout en promouvant l’acceptation de soi, doit naviguer entre l’élargissement de sa définition et la préservation de ses objectifs fondamentaux.
Source : cfep.be




