Elle s’appelle Betterhelp. Elle s’est implantée en France depuis 1 an et se vend comme “leader en santé mentale”. Son concept : trouver un thérapeute et suivre une thérapie en ligne. Sur le papier, ça peut sembler être une bonne idée. La santé mentale est un sujet de santé publique aujourd’hui, notamment chez les jeunes qui souffrent de plus en plus de dépression. Selon une étude de l’Institut Montaigne réalisée l’année dernière, un quart des 15-29 ans disent en être atteints. Plusieurs raisons : le covid, le climat anxiogène, la guerre, les réseaux sociaux. La jeunesse n’a jamais été aussi angoissée qu’aujourd’hui.

Du coup, l’une des solutions pour s’occuper de sa santé mentale c’est bien évidemment d’aller voir un professionnel de santé pour en parler. C’est là que la plateforme BetterHelp intervient. Elle a été créée aux États Unis en 2013, elle a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2024 et cherche désormais à accélérer sa croissance en Europe. Elle propose ses services via son site ou son application. Elle donne accès à des psychologues inscrits à l’ARS, l’agence régionale de santé. Ils font des consultations par messages, par audio ou ou par visio, accessibles via un abonnement hebdomadaire qui coûte entre 49 et 90 euros. Tout à l’air beau, tout à l’air propre, c’est facile d’accès. Mais tout n’est pas si rose que ça en a l’air sur Betterhelp.

Depuis quelque temps, la plateforme fait l’objet de pas mal de bad buzz. Mediapart a sorti une enquête le mois dernier qui parle d’une ubérisation de la santé mentale. La semaine dernière, le youtubeur TPZ a réalisé une vidéo sur Betterhelp où il dénonce les dangers de l’application. Sur Tiktok, des centaines de personnes appellent à boycotter la plateforme.

En cause, plusieurs problèmes. Déjà le fonctionnement des praticiens. Les thérapeutes ont le statut d’indépendants et sont payés à la tâche. Autrement dit, leur rémunération dépend du temps passé sur la plateforme donc de la durée des appels, de la longueur des messages, et du volume d’échanges qu’ils ont avec leurs patients. Plus ils en font, plus ils gagnent de l’argent. Dans l’enquête de mediapart, certains dénoncent une pression pour répondre vite, sous peine d’être moins visibles dans l’algorithme de mise en relation.

Car en plus de ça, c’est donc un algorithme qui propose des thérapeutes aux utilisateurs. A l’inscription, il faut répondre à 27 questions censées orienter vers le bon professionnel. Des questions très personnelles, très intrusives sur l’orientation sexuelle, la religion, les problèmes à traiter, les pensées suicidaires etc. Des choses que l’on confie normalement à un professionnel, et non à une plateforme même si ça peut aider à mieux nous connaître… D’autant plus que Betterhelp a déjà été sanctionné aux Etats Unis par la commission fédérale pour avoir partagé des données personnelles de ses clients à des fins publicitaires. La plateforme a assuré à Libération qu’aucune info personnelle était partagées avec des annonceurs. Et puis, il y a le problème de son approche marketing. Car si Betterhelp se fait connaître, c’est essentiellement grâce aux influenceurs.

La plateforme fait des partenariats avec des créateurs de contenus. Ils sont des centaines en France à avoir déjà fait la promo de l’application. Natoo, TiboInshape, Shera, Victoria Mehaut. La technique est toujours la même, essayer d’appâter leur audience en leur vendant une histoire triste sur leur santé mentale.

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Là par exemple vous entendez Sundy Jules, un youtubeur aux millions d’abonnés. Un placement de produits assez malsain car ce n’est pas un shampoing qu’il vend, mais un service de thérapie. Selon Mediapart, plus de 4 300 youtubeurs et youtubeuses et plus de 5 500 podcasts sont partenaires de la plateforme dans le monde. Aux Etats Unis, Betterhelp a perdu en popularité auprès des influenceurs il y a 8 ans déjà. Ça remonte et ça montre notre retard sur le sujet. Le youtubeur PewDiePie a publié une vidéo où il dénonce la communication de la plateforme. Derrière, des dizaines d’influenceurs ont rompu leur contrat avec Betterhelp. C’est encore loin d’être le cas chez nous où certains préfèrent utiliser la vulnérabilité comme un argument marketing, sans en mesurer la dangerosité.

BetterHelp : La thérapie en ligne qui fait débat

Chapeau : En pleine crise de santé mentale, BetterHelp se présente comme le sauveur, mais derrière son image lisse se cache une réalité troublante.

Introduction

Elle s’appelle BetterHelp. Depuis un an, elle s’est implantée en France, se vantant d’être le “leader en santé mentale”. Sur le papier, cela semble prometteur, surtout quand on sait qu’un quart des jeunes de 15 à 29 ans souffrent de dépression. Mais la réalité est bien plus sombre.

Ce qui se passe réellement

BetterHelp, fondée aux États-Unis en 2013, a dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2024. La plateforme propose des consultations par messages, audio ou vidéo, accessibles via un abonnement hebdomadaire de 49 à 90 euros. Tout semble beau et propre, mais les apparences sont trompeuses.

Depuis quelque temps, la plateforme est en proie à un bad buzz. Mediapart a récemment dénoncé une “ubérisation de la santé mentale”, tandis que des centaines d’internautes sur TikTok appellent à boycotter le service.

Pourquoi cela dérange

Le fonctionnement des praticiens soulève des questions éthiques. Les thérapeutes, indépendants, sont payés à la tâche. Leur rémunération dépend du temps passé sur la plateforme, ce qui crée une pression pour répondre rapidement aux patients. Dans une enquête de Mediapart, certains thérapeutes dénoncent cette logique qui les pousse à privilégier la quantité sur la qualité.

De plus, un algorithme détermine quel thérapeute sera proposé aux utilisateurs, après avoir répondu à 27 questions intrusives sur des sujets sensibles tels que l’orientation sexuelle ou les pensées suicidaires. Cela soulève des inquiétudes quant à la confidentialité des données. BetterHelp a déjà été sanctionnée aux États-Unis pour avoir partagé des informations personnelles à des fins publicitaires.

Ce que cela implique concrètement

Les conséquences sont directes : des patients potentiellement mal orientés, des thérapeutes sous pression, et une approche de la santé mentale qui semble davantage axée sur le profit que sur le bien-être des utilisateurs.

Lecture satirique

Ironiquement, BetterHelp se présente comme une solution moderne à un problème ancien, mais elle semble davantage préoccupée par son image que par la santé de ses utilisateurs. En se cachant derrière des influenceurs qui partagent leurs luttes personnelles, elle exploite la vulnérabilité humaine pour vendre un service qui pourrait s’avérer dangereux.

Effet miroir international

Cette situation rappelle les dérives autoritaires observées dans d’autres pays, où la santé mentale est souvent instrumentalisée à des fins politiques. En Russie ou aux États-Unis, des plateformes similaires ont été critiquées pour leur manque de transparence et leur exploitation des données personnelles.

À quoi s’attendre

Si la tendance se poursuit, nous pourrions voir une augmentation des critiques envers des services comme BetterHelp, poussant les utilisateurs à rechercher des alternatives plus éthiques et transparentes.

Sources

Source : www.radiofrance.fr

BetterHelp : la thérapie en ligne qui fait débat

Visuel — Source : www.radiofrance.fr

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