
Aux Antilles, la filière banane tente de tourner la page du chlordécone
Dans le sud volcanique de la Guadeloupe, la filière banane s’engage dans une transition vers des pratiques agricoles plus durables. Jairo Marin, exploitant de 60 ans à Capesterre-Belle-Eau, illustre cette évolution avec sa méthode de « jachère améliorée ». Sur ses 65 hectares, il utilise des plantes spécifiques pour améliorer la fertilité du sol entre deux générations de bananiers.
Ces nouvelles pratiques visent à réduire l’utilisation de pesticides, de nématicides et d’herbicides, marquant un éloignement des méthodes conventionnelles d’il y a deux décennies, où l’utilisation de produits chimiques était systématique. Marin souligne : « Avant l’an 2000, tout ce qui finissait par “-cide”, on l’utilisait ! »
La transition s’inscrit dans un contexte plus large de sensibilisation environnementale aux Antilles, où les agriculteurs cherchent à minimiser l’impact de leurs activités sur les écosystèmes locaux. Les initiatives d’agriculture régénératrice, comme celles mises en place par Marin, visent à faire de l’agriculture un levier de restauration environnementale.
Ces efforts sont d’autant plus cruciaux dans un contexte où le chlordécone, pesticide controversé, continue d’affecter les sols et la santé publique dans les départements d’outre-mer. Cette nouvelle approche pourrait contribuer à restaurer la confiance des consommateurs et à garantir une production durable à long terme.
Source : Le Monde



