Au Cameroun, Vision 4 reprend après le désaccord entre le CNC et le ministère de la Communication
La suspension de Vision 4 par le Conseil national de la communication (CNC) a déclenché un désaccord avec le ministère camerounais de la Communication. Après l’intervention du ministre René Emmanuel Sadi, le CNC a finalement demandé aux distributeurs de réactiver le signal de la chaîne, dans une correspondance datée du 6 octobre.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Une suspension contestée par le ministre
Fin septembre, le CNC a suspendu Vision 4. Le 2 octobre, René Emmanuel Sadi a écrit à Canal+ pour demander la reprise de la diffusion, invoquant notamment l’équilibre du paysage médiatique et la préservation des emplois.
La séquence a connu un nouveau rebondissement le 6 octobre. Après avoir d’abord demandé à Canal+ International de retirer le signal, le président du CNC, Joseph Chebongkeng Kalabubsu, a adressé une autre correspondance aux distributeurs, leur demandant de réactiver la chaîne. Cette seconde lettre a marqué un apaisement du différend autour de la diffusion de Vision 4. ([mediatudecmr.com](https://mediatudecmr.com/le-cnc-demande-finalement-la-reactivation-du-signal-de-vision-4/?utm_source=openai))
Sollicités par DW, le président du CNC et les services du ministre ont refusé de commenter officiellement l’affaire.
Un débat sur les pouvoirs du CNC
Pour le politologue et juriste Charlemagne Messanga Nyamding, la suspension soulève une question de compétence. Il estime que l’article 75 de la loi sur la communication sociale prévoit que le ministre prononce les sanctions sur proposition du Conseil. Selon cette interprétation, le CNC ne pourrait donc pas décider seul d’une telle mesure.
Cette lecture est celle de l’expert interrogé par DW. Les responsables des institutions concernées n’ayant pas fait de commentaire officiel, aucun éclairage de leur part sur le fondement de la décision n’est rapporté.
Une affaire liée aux contenus sur Martinez Zogo
La suspension de Vision 4 est intervenue après la diffusion de contenus concernant l’affaire Martinez Zogo. Le journaliste, enlevé puis assassiné, a été retrouvé mort en janvier 2023.
Le propriétaire de la chaîne, l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, est détenu dans le cadre de l’enquête sur cet assassinat. Présumé commanditaire, il nie toute implication. Le procès devant le tribunal militaire de Yaoundé, ouvert en mars 2024, se poursuit selon les informations rapportées.
Charlemagne Messanga Nyamding relie aussi les tensions institutionnelles à des rivalités et ambitions au sommet de l’État. Il s’agit de son analyse, et non d’une explication confirmée par les responsables du CNC ou du ministère.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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