
Artemis II : Les Américains en route vers la Lune
Quatre astronautes s’apprêtent à frôler l’astre sélène lors d’un vol historique, premier retour habité en direction de notre satellite depuis 1972. Cette mission est cruciale pour la NASA, qui se retrouve engagée dans une nouvelle course face à la Chine.
Le grand jour est arrivé. Plus d’un demi-siècle après la mission Apollo 17 en 1972, l’humanité est de nouveau en route vers la Lune. La mégafusée SLS de la NASA a décollé ce jeudi 2 avril à 0 h 35 (heure française) depuis le pas de tir 39B du Centre spatial Kennedy en Floride. Elle propulse le vaisseau Orion et son équipage – quatre astronautes, trois Américains et un Canadien – pour un périple historique autour du satellite naturel de la Terre. Ils doivent patienter 24 heures en orbite haute pour une série de tests avant d’entamer un voyage de plus de 384 000 km, qui devrait prendre trois jours.
Après un faux départ cet hiver dû à une valve défectueuse et une fuite d’hydrogène, l’Amérique et ses alliés peuvent enfin se réjouir de ce vol d’essai qui vise à briser le plafond de verre de l’orbite basse. Bien qu’Artemis II ne se pose pas sur la surface lunaire, elle emmène ses passagers 7 400 kilomètres au-delà de la face cachée de la Lune, plus loin dans l’espace profond que tout autre humain avant eux.
Les États-Unis sont aujourd’hui engagés dans une véritable « deuxième course à l’espace » face à la Chine, qui ambitionne d’envoyer ses propres taïkonautes au pôle Sud lunaire avant 2030. Sous cette pression géopolitique, le nouvel administrateur de la NASA a récemment suspendu le projet de station orbitale Gateway pour réorienter 20 milliards de dollars vers la construction urgente d’un camp de base à la surface de la Lune.
La sécurité de l’équipage demeure l’obsession numéro un. Pour ce premier vol d’essai habité, le vaisseau Orion va s’insérer sur une trajectoire de « retour libre », utilisant le champ de gravité de la Terre et de la Lune pour permettre au vaisseau de revenir à son point de départ sans impulsion motrice. Après avoir contourné la Lune, la capsule sera naturellement attirée par la force gravitationnelle de la Terre.
Le vaisseau s’est séparé de l’étage supérieur de la fusée, permettant au commandant Reid Wiseman et au pilote Victor Glover de prendre les commandes manuelles. Ils ont réalisé une démonstration d’opérations de proximité sans radar télémétrique, s’appuyant uniquement sur leur vision et des caméras.
Une fois cet exercice accompli, le moteur principal du module de service européen sera activé pour propulser la capsule vers la Lune. Pendant leur transit de quatre jours, les astronautes valideront des procédures pour les futures missions de longue durée.
Le point culminant de la mission se produira au sixième jour, lorsque la capsule frôlera la face cachée de la Lune, à une distance de 6 400 à 9 600 kilomètres de sa surface. À ce moment-là, le vaisseau sera masqué, entraînant un silence radio de 30 à 50 minutes.
La mission Artemis II se conclura lors du retour sur Terre, où la capsule devra résister à des températures atteignant 2 760 °C en entrant dans l’atmosphère à une vitesse de 40 233 km/h. Un déploiement complexe de parachutes visera à ralentir la capsule pour un amerrissage en douceur dans l’océan Pacifique, au large de San Diego.
Source : Le Point




