
Devant l’amélioration de l’IA, la crise existentielle d’un prix littéraire japonais
Depuis sa création en 2014, le prix littéraire japonais Shinichi-Hoshi, dédié à la science-fiction, accepte des nouvelles rédigées par l’intelligence artificielle (IA). L’objectif était de rester fidèle à l’esprit de l’écrivain Shinichi Hoshi, décédé en 1997, connu pour ses micronouvelles futuristes. Jusqu’à l’annonce des lauréats, même les jurés ne savent pas si les textes soumis ont été écrits par l’IA.
Douze ans plus tard, l’essor de l’IA générative a conduit les organisateurs à faire face à une augmentation significative des œuvres produites avec cette technologie. Historiquement, ces textes étaient peu appréciés par le jury, mais les récents progrès technologiques ont modifié cette perception, comme le rapporte le quotidien économique japonais Nihon Keizai Shimbun.
Dans la dernière édition du prix, publiée en février, il a été révélé que trois des quatre lauréats avaient utilisé l’IA. Hitoshi Matsubara, chercheur en IA et membre du jury, a exprimé son étonnement : « Je suis impressionné. Désormais, impossible de voir la différence entre les textes écrits par l’intelligence artificielle et les productions humaines. »
Qu’est-ce que la littérature ?
Les lauréats ont partagé leurs méthodes de création, indiquant qu’ils utilisent des IA génératives pour obtenir des idées de romans de science-fiction, qu’ils sélectionnent et peaufiner ensuite. Cela soulève des questions sur la nature même de la littérature : une œuvre doit-elle nécessairement être écrite par un auteur humain ? Ces débats, intensifiés par la réception en 2024 du prix Akutagawa par Rie Kudan pour son roman Tokyo Sympathy Tower, partiellement rédigé avec l’IA, montrent que certains écrivains commencent à accepter cette réalité.
Ces interrogations incitent à une réflexion plus profonde sur l’humanité et la créativité. Les écrivains sont désormais confrontés à des défis tels que trouver des questions sans réponse pour l’IA ou créer des récits qui la surprendraient. Cela représente un potentiel et une valeur nouvelle pour la littérature contemporaine, selon Yomiuri Shimbun.
Les organisateurs du prix Shinichi-Hoshi ont envisagé de créer une catégorie distincte pour les nouvelles écrites par des humains, mais cette idée a été abandonnée, faute de moyens pour vérifier si les textes soumis avaient été rédigés sans l’assistance de l’IA, selon Nihon Keizai Shimbun.
Source : Nihon Keizai Shimbun




