
Affaire Epstein : une onde de choc et des démissions en cascade à travers toute l’Europe
Séisme sur le Vieux Continent. La publication, fin janvier, de millions de nouveaux documents liés à l’affaire Jeffrey Epstein par le ministère américain de la justice a provoqué une série de démissions et conduit à l’ouverture de multiples enquêtes en Europe.
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En France, Jack Lang contraint de quitter l’IMA
En France, les révélations ont éclaboussé Jack Lang. L’ancien ministre de la culture, accusé d’avoir entretenu des liens avec le criminel, voit son nom apparaître plus de 600 fois dans les documents. Après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet national financier pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée » le visant, ainsi que sa fille Caroline, Jack Lang a annoncé, samedi, quitter la présidence de l’Institut du monde arabe. Un conseil d’administration doit se réunir, lundi 16 février, afin de désigner son successeur.
Caroline Lang avait déjà quitté ses fonctions à la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma et au conseil d’administration de la fondation Le Refuge. Selon une enquête de Mediapart, elle aurait fondé en 2016 une société offshore avec Jeffrey Epstein et figurerait sur un testament signé par l’homme d’affaires peu avant sa mort.
Au Royaume-Uni, le gouvernement fragilisé
Au Royaume-Uni, les révélations fragilisent le gouvernement de Keir Starmer. Le premier ministre travailliste est critiqué pour la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur britannique aux États-Unis en février 2025. Les documents publiés fin janvier indiquent que ce dernier aurait transmis à Jeffrey Epstein, entre 2008 et 2010, des informations sensibles, notamment un document confidentiel du gouvernement relatif à la politique fiscale du Parti travailliste.
Déjà limogé en septembre 2025 de ses fonctions diplomatiques, Peter Mandelson a récemment renoncé à son siège à la chambre des Lords. La police a annoncé l’ouverture d’une enquête à son encontre.
Le chef de cabinet du premier ministre, Morgan McSweeney, ainsi que le directeur de la communication de Downing Street, Tim Allan, ont également annoncé leur départ.
Du côté de la monarchie, le prince Andrew est de nouveau au centre de l’attention. Déjà déchu de ses titres royaux en raison de ses liens avec Epstein et d’accusations d’agressions sexuelles, il est visé par de nouvelles révélations : photographies compromettantes, témoignage supplémentaire et soupçons de transmission d’informations confidentielles au financier. Kensington Palace a indiqué que le prince William et la princesse Kate étaient « profondément préoccupés », tandis que le roi Charles III s’est dit « prêt » à coopérer avec la police si nécessaire.
En Norvège, politique et monarchie sous pression
En Norvège, l’ambassadrice en Jordanie, Mona Juul, connue pour avoir joué un rôle prépondérant dans les négociations des accords d’Oslo entre Israël et les Palestiniens, a démissionné. Avec son époux, le diplomate Terje Roed-Larsen, elle fait l’objet d’une enquête judiciaire concernant ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. Ils sont accusés de « corruption aggravée » et de « complicité de corruption aggravée ». Selon la presse norvégienne, Jeffrey Epstein aurait légué 10 millions de dollars à leurs deux enfants à sa mort en 2019.
L’ancien premier ministre et président du comité Nobel, Thorbjorn Jagland, fait lui aussi l’objet d’une enquête pour corruption. Il est soupçonné d’avoir rencontré Jeffrey Epstein à plusieurs reprises et d’avoir séjourné dans sa résidence de Palm Beach en 2014 et 2017. Par ailleurs, le Forum économique mondial de Davos a lancé une enquête interne visant son président, Borge Brende.
La famille royale n’est pas épargnée. Le nom de la princesse héritière Mette-Marit apparaît plus de mille fois dans les documents récemment dévoilés. Si ses liens avec Epstein étaient déjà connus, ces nouvelles révélations suggèrent une proximité plus étroite que celle qu’elle avait jusque-là reconnue. Une amitié qu’elle déclare « regretter profondément », mais qui pourrait la voir écartée de toute fonction officielle lors de la succession du roi Harald V.
En Slovaquie, des SMS compromettants
En Slovaquie, Miroslav Lajcak, conseiller du premier ministre Robert Fico, a démissionné, samedi 31 janvier. Des échanges de SMS au ton explicite, révélés dans les documents, montrent Jeffrey Epstein lui promettant en 2018 de lui présenter des « filles incroyables » et « magnifiques ».
Ancien ministre des affaires étrangères, Miroslav Lajcak a également présidé l’Assemblée générale des Nations unies et dirigé l’OSCE entre 2012 et 2020.
En Suède, un voyage controversé
En Suède, Joanna Rubinstein, présidente de la fondation Sweden for UNHCR, a démissionné, lundi 2 février. En 2012, elle s’est rendue avec sa famille sur l’île privée de Jeffrey Epstein dans les Caraïbes. Assumant avoir alors connaissance du jugement de 2008 – Jeffrey Epstein avait été condamné pour trafic de prostituées mineures en Floride – elle a récemment commenté : « Ce qui a été révélé par la suite concernant l’ampleur des abus est horrible et je m’en distancie fermement. »
Source : La Croix.





