Affaire Epstein : l’heure de l’addition a-t-elle sonné ?
L’affaire Epstein continue de provoquer des remous dans le paysage politique international. Jack Lang, ancien ministre français de la Culture et créateur de la fête de la musique, a récemment été contraint de démissionner de son poste à l’Institut du monde arabe en raison de ses liens présumés avec Jeffrey Epstein. À 86 ans, Lang, connu pour son dynamisme, est désormais critiqué pour son rapport à l’argent, notamment pour ses habitudes de paiement dans les restaurants parisiens, où il aurait été évincé pour ne jamais régler ses notes.
Les répercussions de l’affaire Epstein se sont d’abord manifestées en Europe, touchant des familles royales en Norvège et au Royaume-Uni, et suscitant des scandales politiques dans plusieurs pays, y compris la France. Récemment, il a été révélé que la correspondance Gmail de Jeffrey Epstein avait été saisie par la justice française il y a six ans.
Aux États-Unis, la situation est tout aussi complexe. La presse américaine a été initialement freinée par les enjeux politiques et judiciaires entourant les 3 millions de fichiers rendus publics par le Département de la Justice (DoJ). Cette divulgation, bien que significative, pourrait masquer des réalités plus dérangeantes. En effet, il reste des millions de fichiers non divulgués, potentiellement compromettants. Todd Blanche, numéro 2 du DoJ et ancien avocat personnel de Donald Trump, est responsable de la mise à disposition des fichiers.
De plus, des allégations de caviardage dans les documents semblent viser à protéger certaines personnalités plutôt que les victimes. Le député américain Jim Raskin a indiqué que le nom de Trump apparaît plus d’un million de fois dans la version non expurgée des documents, contre moins de 5 000 fois dans la version expurgée.
La situation à Washington se tend, notamment après l’audition de la ministre de la Justice Pam Bondi, qui a suscité de vives réactions. Les Démocrates ont pris l’initiative, mais des tensions sont également apparentes au sein des Républicains, certains d’entre eux laissant leur temps de parole à leurs collègues de l’opposition.
Le député républicain du Kentucky, Thomas Massie, qui a initié la loi obligeant la Maison-Blanche à répondre aux questions sur l’affaire Epstein, émerge comme une figure d’opposition. Son engagement illustre comment le scandale Epstein fissure le consensus au sein du Parti républicain, dans un contexte de préoccupations croissantes à l’approche des élections de mi-mandat.
Alors que l’année 2026 s’annonce cruciale pour les États-Unis, la résistance politique au gouvernement Trump semble se structurer, marquant peut-être un tournant dans cette affaire qui continue d’éclabousser le monde politique.
Source : Le Monde, Marianne.






