
Affaire Epstein : Bill et Hillary Clinton acceptent d’être auditionnés devant le Congrès
Bill et Hillary Clinton témoigneront devant une commission d’enquête parlementaire américaine sur l’affaire Epstein, a annoncé lundi 2 février le porte-parole de l’ancien président démocrate, alors que le couple était visé par une procédure d’entrave au Congrès pour son refus jusque-là de comparaître.
« L’ancien président et l’ancienne secrétaire d’État seront là. Ils ont hâte de créer un précédent qui s’applique pour tout le monde », a déclaré sur X le porte-parole Angel Urena, en réponse à un message des élus républicains de cette commission qui demandait à entendre le couple sur les liens entre Bill Clinton et le criminel sexuel.
Avant ce communiqué, la commission des règles de la Chambre s’apprêtait à approuver l’organisation d’un vote devant l’ensemble des députés sur deux résolutions, qui en cas d’adoption, auraient recommandé au ministère de la Justice d’engager des poursuites à l’encontre de l’ex-président démocrate (1993-2001) et de l’ancienne cheffe de la diplomatie américaine (2009-2013). Cependant, cette commission a finalement décidé de reporter son vote, en attendant de déterminer si le couple avait bien décidé de se plier à leur assignation à comparaître.
Si ces recommandations de poursuites étaient adoptées, une inculpation formelle devrait être initiée par le ministère de la Justice, dirigé par Pam Bondi, une fidèle de Donald Trump. Bill et Hillary Clinton, qui dénoncent une procédure aux motivations politiques, encourraient alors jusqu’à 12 mois de prison.
Le couple avait été convoqué à plusieurs reprises par une commission parlementaire d’enquête sur la gestion par l’État de l’affaire Epstein, en raison de l’ancienne amitié unissant l’ex-président au financier. Jeffrey Epstein, figure de la jet-set new-yorkaise dans les années 1990-2000, était accusé d’avoir exploité sexuellement plus de mille jeunes femmes, dont des mineures. Il avait été retrouvé pendu dans sa cellule de New York en 2019 avant son procès pour crimes sexuels, sa mort alimentant d’innombrables théories du complot.
Bill Clinton, qui a voyagé à plusieurs reprises à bord de son jet privé et a été photographié de nombreuses fois en sa compagnie, avait affirmé en 2019 n’avoir pas parlé à Jeffrey Epstein depuis plus d’une décennie. L’ex-président a également toujours démenti avoir eu connaissance de ses crimes et n’est pas inquiété par la justice concernant sa relation avec le criminel sexuel.
« Personne, que ce soit un ancien président ou simple citoyen, ne peut délibérément mépriser une assignation à comparaître proprement émise par le Congrès sans conséquences », avait martelé lundi l’élu républicain James Comer, chef de cette commission d’enquête, avant l’annonce du porte-parole de Bill Clinton.
Le ministère de la Justice a récemment publié une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein, affirmant se plier ainsi à une loi promulguée en novembre dernier. La simple mention du nom d’une personne dans le dossier Epstein ne suppose aucun acte répréhensible a priori, mais les documents montrent des liens entre Epstein ou son entourage et certaines personnalités qui ont souvent minimisé, voire nié, l’existence de tels rapports.
Source : La Croix





