À Millau, les pigeons victimes d’une « noyade lente » : un drame animalier ignoré par l’extrême droite?
Le fait principal
À Millau, l’association PAZ (Projet Animaux Zoopolis) accuse la municipalité de procéder à des opérations illégales de capture et de mise à mort de pigeons, en violation de la directive européenne sur la protection des oiseaux. Une mise en demeure a été adressée le 14 juillet, mais la commune n’a pas encore répondu.
Ce qui s’est passé
Les accusations de PAZ portent sur la méthode utilisée par la ville : le gazage, décrit comme une mort lente et violente. Amandine Sanvisens, cofondatrice de l’association, dénonce une pratique cachée derrière des cages, permettant d’éliminer les pigeons discrètement. Millau n’est pas seule dans cette accusation, d’autres communes comme Rodez et Anglars-Saint-Félix sont également visées.
Le contexte
La Commission européenne a récemment clarifié le statut des pigeons bisets, considérés comme des oiseaux sauvages protégés. L’article 5 de la directive « Oiseaux » interdit la capture et la mise à mort intentionnelles de ces espèces. PAZ affirme que, sans dérogation légale, les communes ne peuvent pas procéder à de telles actions, et souligne que les problèmes liés aux pigeons en milieu urbain peuvent être gérés par des méthodes alternatives, comme les pigeonniers contraceptifs.
Les chiffres à retenir
Selon PAZ, aucun problème d’épidémie lié aux pigeons n’est documenté en France. Les seules préoccupations concernent les fientes, mais cela ne justifie pas leur élimination. De plus, les méthodes contraceptives proposées, comme le maïs contraceptif, pourraient efficacement réguler les populations sans avoir recours à la mise à mort.
Ce que cela révèle
Cette affaire met en lumière une contradiction dans la gestion des animaux urbains. D’un côté, des municipalités cherchent à « nettoyer » leurs rues, de l’autre, la législation européenne protège ces mêmes animaux. Cela pose la question de la responsabilité des élus face à la condition animale, un sujet souvent relégué au second plan. Que dire des mairies qui attendent la loi pour agir, alors que des solutions respectueuses existent déjà ?
Ce qu’il faut retenir
La situation à Millau illustre un dilemme entre la gestion des nuisibles et le respect des lois de protection animale. En attendant la réponse de la municipalité, PAZ se prépare à saisir la justice. Une bataille qui pourrait bien devenir emblématique des tensions entre urbanisme et bien-être animal.
Sources : Midi Libre, PAZ, Commission Européenne
