Quand le RN prône l’égalité : des inégalités bien choisies pour masquer la réalité !
Le fait principal
La lutte contre les inégalités sociales est sur toutes les lèvres, mais une question demeure : quelles inégalités sommes-nous prêts à compenser ? Une récente expérience menée à Marseille met en lumière nos préférences en matière de redistribution.
Ce qui s’est passé
Trois cents volontaires ont été réunis dans l’hémicycle du Conseil régional de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif ? Reproduire des situations d’inégalités de la vie réelle et sonder les participants sur leurs choix de redistribution. Quatre types d’inégalités ont été simulés : celles dues à l’effort, aux circonstances sociales, à la chance et à la prise de risque. Les résultats ont révélé des préférences nuancées pour la redistribution, avec 86% des participants votant de manière cohérente sur les différentes situations.
Le contexte
En France, l’égalité est un principe fondamental inscrit dans la devise républicaine « Liberté, égalité, fraternité ». Actuellement, près d’un tiers de la richesse nationale est redistribuée. Avant cette redistribution, les 10% les plus riches gagnent 20 fois plus que les 10% les plus modestes ; après, cet écart est réduit à 6 fois. Mais qui mérite cette aide ? L’expérience marseillaise questionne nos valeurs et notre place dans la hiérarchie sociale.
Les chiffres à retenir
– 300 participants dans l’expérience.- 86% des votants ont montré des préférences cohérentes.- Les inégalités dues à l’effort et à la prise de risque sont moins souvent compensées.
Ce que cela révèle
Il apparaît que les inégalités que nous percevons comme injustes sont souvent celles liées à des circonstances indépendantes de notre volonté. En revanche, les gains liés à l’effort ou à la prise de risque sont jugés plus mérités. Cela illustre une hiérarchie morale qui peut être influencée par des facteurs extérieurs, comme une meilleure information sur la réalité des inégalités. Une activation des valeurs, comme signer une pétition pour l’égalité des chances, a également montré un effet positif sur la volonté de redistribuer.
Ce qu’il faut retenir
Nos choix en matière de justice sociale ne se limitent pas à une question d’idéologie ; ils dépendent aussi de notre compréhension des inégalités. Plus nous sommes informés, plus nous sommes prêts à accepter un partage des ressources. D’un côté, l’égalité est un principe fondamental ; de l’autre, la réalité des inégalités nous pousse à revoir nos priorités. À méditer, surtout en période électorale.
Sources : Dialogues économiques, Aix-Marseille School of Economics.
